Les manga culturels

20 sujets de 21 à 40 (sur un total de 317)

Posté dans : Manga & BD

  • Lord-Yupa
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    Lord Yupa le #289699

    Citation (Natth @ 31/01/2013 22:13)
    J'ai d'ailleurs consulté Wikipedia pour en savoir un peu plus sur les Borgia, ce qui m'a permis de me spoiler sans l'aide de personne pour les tomes 11 et 12 japonais.

    Heureusement pour les amateurs d'Histoire italienne, les Borgia vont bientôt revenir dans les mangathèques françaises. Ki-oon nous proposera bientôt le seinen Cesare, où l'on découvrira une autre façon de représenter cette famille bien connue.

    Parution actuelle de “Cesare” en effet, Natth.
    A la mode, les Borgia, avec la série TV, des films… Je crois qu'au fond les gens ont la nostalgie du pape Alexandre VI ! c'est vrai quoi, nos papes actuels manquent un peu de sel à côté de ceux de la Renaissance. Ce qui m'a beaucoup fait rire, c'est d'imaginer la tête des rédacteurs du Canard Enchaîné quand on n'a su que le lendemain de la parution du journal (le jeudi seulement) que le nouveau pape prenait le nom de “François Ier” ! que de jeux de mots et blagues ratées pour eux ! et une semaine après c'était du réchauffé, trop tard !
    Ludwig II, j'ai bien aimé, malgré une fidélité historique seulement aux moeurs de Ludwig ou presque seulement.

    Je viens de voir un reportage TV très sérieux sur Shakespeare qui m'a fait penser au manga 7 Shakespeares dont j'ai parlé ici. Je n'ai pas insisté plus de 3 volumes, mais le fait de douter de l'identité de l'auteur des pièces l'est moins qu'on ne pourrait penser (“Encore du sensationnalisme de demi-intellectuels”).
    Je n'ai jamais pu me convaincre que le type de Stratford-upon-Avon, personnage médiocre en tous points qui a laissé quelques rares traces écrites dont aucune ne dépasse le niveau d'une facture ou d'une liste de courses à faire, et dont l'épitaphe est un copié-collé de tous les clichés de cimetière du temps, était le même que l'auteur de “Romeo and Juliet”, de “A Midsommer Night's Dream”, et de “Hamlet” !
    Or ce reportage démontre même cette impossibilité, mais conclut qu'il est devenu “impossible” de revenir en arrière : du monde entier, de Corée ou du Chili, de Sibérie ou de Nouvelle-Zélande, arrivent des foules à Stratford pour contempler le (faux) buste de Shakespeare dans l'église !
    Non seulement aucun portrait de Shakespeare n'a été fait de son vivant, mais le type de Stratford s'appelait Shaquespere comme toute sa famille. Les pièces de théâtre, souvent situées en Italie, prouvent par de nombreux détails non inventés que l'auteur y a vécu ou séjourné. Ses connaissances et références linguistiques, livresques, historiques ainsi que sur la vie à la cour dépassent de très loin le niveau de culture même d'un petit noble de son temps, et le Stratfordien n'a connu en éducation qu'un niveau de collège. Et il y a trouze autres arguments. Je suis convaincu pour ma part (alors que Corneille auteur des pièces de Molière, là je suspends mon jugement).
    Dommage que le manga soit peu agréablement dessiné, c'est surtout ce qui m'en a détourné, et aussi l'intrigue “chinoise” invraisemblable au plus haut point.

    Akiko_12
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    akiko_12 le #289700

    Citation (Lord Yupa @ 19/03/2013 10:31)
    Non seulement aucun portrait de Shakespeare n'a été fait de son vivant, mais le type de Stratford s'appelait Shaquespere comme toute sa famille. Les pièces de théâtre, souvent situées en Italie, prouvent par de nombreux détails non inventés que l'auteur y a vécu ou séjourné. Ses connaissances et références linguistiques, livresques, historiques ainsi que sur la vie à la cour dépassent de très loin le niveau de culture même d'un petit noble de son temps, et le Stratfordien n'a connu en éducation qu'un niveau de collège. Et il y a trouze autres arguments. Je suis convaincu pour ma part (alors que Corneille auteur des pièces de Molière, là je suspends mon jugement).


    Sur cette dernière question, ce sujet étayé devrait sans doute t'intéresser.

    Pour ma part je suis convaincue que Corneille est bien l'auteur de nombreuses pièces de Molière. Tout d'abord parce qu'humainement il me paraît impossible de gérer écriture si soignée et très rapide, direction d'acteurs et spectacles en simultané. Mais aussi et surtout, parce que les outils statistiques informatiques (méthode Labbé notamment, qui concerne la distance intertextuelle) analysent des similitudes frappantes.

    Je trouve assez ridicule toute cette polémique autour de Molière, comme celle autour de Shakespeare d'ailleurs. A leur époque le théâtre n'avait aucune noblesse et l'on se demandait encore si les acteurs avaient une âme. Le droit d'auteur est une notion bien plus moderne, la première société le protégeant étant le fait de Beaumarchais. Donc, tenir à attribuer strictement toutes ses pièces à un homme isolé en l'érigeant en génie est une idiotie moderne de gens en manque de symbole. Ne pas reconnaître le flou historique des conditions d'écriture sous cette période, la notion du droit d'auteur toute relative etc, me paraît vain et sottement psychorigide. De plus, la non paternité stricte des œuvres n'enlève rien au talent de mise en scène de Molière, à la façon remarquable dont il a hissé sa troupe au sommet, à tout ce qu'il a apporté à la postérité dans ce milieu et même en dehors… Mais il existe toujours des gens qui, quoiqu'on leur démontre, préfèrent rester enfoncés dans de fausses certitudes plutôt que d'admettre qu'un vrai doute est permis.

    Lord-Yupa
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    Lord Yupa le #289701

    Oui, Akiko, j'avais vu cette émission "L'ombre d'un doute", et je suis moi-même très impressionné, car il y a en effet de quoi, avec l'analyse intertextuelle pratiquée à Grenoble, les liens personnels Molière-Corneille à Rouen, le fait que du vivant de Molière personne ne l'appelait "poète" ou "auteur" comme on dénommait les dramaturges, mais "comédien" et "chef de troupe", etc. Et il y a le niveau contrasté de certaines pièces ou certains passages. Je pense que Corneille fournissait des canevas et des segments de pièces, et que Molière les complétait et les synthétisait afin de les jouer efficacement. D'ailleurs Molière touchait deux parts d'auteur sur les recettes !
    Le cas Shakespeare est différent, car les pièces ont un style commun et unique réellement "génial" à mon avis (j'ai comparé jadis avec des pièces de Marlowe et de John Ford, qui n'est pas le cinéaste américain, et non, ça ne vaut pas Shakespeare loin s'en faut !). On ignore à peu près tout de l'auteur, qui employait donc sans doute un nom d'emprunt. On pense au jeune comte d'Oxford, tôt orphelin, élevé par un ministre proche de la cour, fervent de l'écriture et de la poésie. Francis Bacon, je n'y crois pas, il était bien trop occupé ! de toute façon les "nègres", les faux noms et prête-noms étaient courants à l'époque. Cependant Molière comme "Shakespeare" avaient tous deux un théâtre, des recettes et une troupe clairement identifiés, même si l'on n'y jouait pas exclusivement leurs pièces respectives.

    Bub
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    bub le #289702

    J'ai commencé à lire les deux premiers tomes de ce Cesare et mon avis est très mitigé.

    L'histoire se passe à Pise, ville ô combien célèbre où le jeune Angelo a la chance de pouvoir intégrer la prestigieuse université locale grâce aux faveurs de Laurent de Médicis.
    Ce sera l'occasion pour notre héros de découvrir les différentes rivalités qui animent les étudiants de cette université (italiens, espagnols, français…) et d'en apprendre beaucoup sur les intrigues liées à ces puissants personnages, dont le fameux Cesare.
    Une bonne excuse pour l'auteur de faire défiler tout un tas de figures historiques de la fin du XVème siècle.

    Présenté comme ça, c'est très alléchant.
    Malheureusement, ce titre est desservi par ses personnages hyper caricaturaux qui changent du tout au tout d'un volume à l'autre.
    C'en est franchement perturbant : j'arrive pas à prendre au sérieux ce titre.
    Un des plus importants personnages est ainsi présenté comme redoutable et terriblement ambitieux dans les premiers chapitres et devient tout pleutre, couard, choupilolilol ouin ouin au début du second volume… Affligeant !
    Pire, le héros, Angelo, s'excuse dans tous les chapitres ! raaaaah ! J'avais pas eu autant envie de donner des baffes à un perso comme ça depuis Shinji !
    En fait, tous les mecs de ce manga sont beaux à crever, fiers, intelligents, délicats, sensibles puis dans la minute qui suit farouches et impitoyables, etc. C'est du pur shojo !
    Et les filles dans tout ça ?
    Ben il y a la servante du héros, une petite vieille qui matronne ce blaireau au détour d'une ou deux pages, la mère de Cesare, dont on ne fait qu'évoquer le souvenir, une petite crève la faim qu'on verra sur deux pages. Et c'est tout. La blonde en couverture du premier tome n'est toujours pas apparue (j'ai lâché l'affaire à moitié du second volume)…

    Reste les intrigues de fond en elles-mêmes, sur le pouvoir, la guerre, l'influence, les idées nouvelles, etc. Un fond prometteur mais qui n'a pas encore décollé, s'il doit jamais le faire un jour.

    J'ai vraiment pas accroché : j'ai eu l'impression de lire un titre dont l'ambition serait de traiter quelques grands noms de l'Histoire à la façon Marmelade Boy (mon shojo préféré. si. ne me jugez pas.).
    "Ooh, quel beau tissu Cesarechan ! C'est la première fois que je porte de la soie, c'est trop d'honneur pour moi ! Je m'excuse !
    – ça te plait chibi Angelo ? demain je t'aiderai à faire du poney comme les grands de ce monde et on discutera politique les cheveux dans le vent sous le regard sécurisant de Miguel !
    – oh la la ! j'espère que je ne décevrais pas Giovanni sama, je lui fait tellement de peine avec mes habitudes de paysan de lui couper la parole en cours… J'irai m'excuser auprès de lui, c'est grâce à son papa que j'en suis là."
    Pfoulala…

    Xanatos
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    Xanatos le #289703

    Houlà, d'après ce que tu dis, ce manga a l'air d'être hyper décevant. 😌
    Effectivement, si le fond semble intéressant, il semblerait que les défauts rédhibitoires de l'oeuvre ont grandement gâché ton plaisir de lecture.

    En tout cas chapeau à toi Bub: même quand une oeuvre te barbe, tu parviens à nous faire rire grâce à ton sens de l'humour légendaire et hyper poilant ! 😂

    En bref, mieux vaut se relire Alix l'intrépide…

    Bub
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    bub le #289704

    Bwerf, disons que j'ai été désagréablement surpris par le style. J'attendais un truc "historique", "réaliste", quelque chose dans l'esprit de Vinland Saga par exemple.
    Après faut voir, ce titre a ses fans sur mangaverse, et nul doute que d'autres en diront le plus grand bien.
    Mais vraiment, avec la meilleure volonté du monde, ma lecture a été complètement plombée par ces personnages caricaturaux et ce héros… ce angelo… boudiouboudiou.

    Cyril
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    Cyril le #289705

    Hum, tu es un peu excessif à mon avis ; je ne te donnerais pas complètement tort, notamment à cause du personnage d'Angelo vraiment agaçant ; et aussi parce que ça manque de sang, de complots et de cul, 3 points essentiels de la légende des Borgia. Les complots se développent quand même à la fin du deuxième tome, avec l'élection pontificale en ligne de mire ; mais les méthodes employées restent présentées de manière assez soft.

    Citation
    En fait, tous les mecs de ce manga sont beaux à crever, fiers, intelligents, délicats, sensibles puis dans la minute qui suit farouches et impitoyables, etc. C'est du pur shojo !

    Giovanni de Médicis n'a pas l'air d'être une flèche.

    Citation
    Et les filles dans tout ça ?
    Ben il y a la servante du héros, une petite vieille qui matronne ce blaireau au détour d'une ou deux pages, la mère de Cesare, dont on ne fait qu'évoquer le souvenir, une petite crève la faim qu'on verra sur deux pages. Et c'est tout. La blonde en couverture du premier tome n'est toujours pas apparue (j'ai lâché l'affaire à moitié du second volume)…

    Probablement Lucrèce.

    Bub
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    bub le #289706

    Citation (Cyril @ 28/03/2013 19:19)
    Hum, tu es un peu excessif à mon avis ; je ne te donnerais pas complètement tort, notamment à cause du personnage d'Angelo vraiment agaçant ; et aussi parce que ça manque de sang, de complots et de cul, 3 points essentiels de la légende des Borgia. Les complots se développent quand même à la fin du deuxième tome, avec l'élection pontificale en ligne de mire ; mais les méthodes employées restent présentées de manière assez soft.

    Excessif ? Toujours. ^^
    C'est surtout les personnages caricaturaux qui m'ont gonflé. L'histoire, dans le fond, mériterais peut-être que je jette un oeil au tome 3.
    Mais bon, voir la tête du Giovanni, à la sortie du cours sur Dante, ou encore le français grande gueule, “marseillais” évidemment, ou ce Angelo, ça me gâche la lecture.

    Natth
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    Natth le #289707

    Concernant les femmes, il est logique qu'elles n'apparaissent pas (ou si peu) dans deux volumes se déroulant dans l'université du XVè siècle. Je pense que le contexte joue beaucoup sur l'attitude des personnages. On n'étripe pas ou ne viole pas dans une université. Par contre, on comprend un peu mieux l'attention de Cesare pour l'innocent Angelo à la fin du second tome. Cependant, cela ne justifie pas tout, même si un être aussi idéaliste a un côté très utile quand on sait bien s'en servir… A voir ce qui se passera après.

    De mon côté, Angelo ne m'a pas dérangé. C'est purement subjectif, je comprends très bien qu'il puisse donner des pulsions de meurtre. Son innocence semble justifiée par sa prime jeunesse et son intelligence le rend un minimum intéressant. Il serait bien de développer sa grande culture (il passe ses nuits à lire apparemment) ou son sens artistique, même si je n'y crois pas trop.

    Pour conclure, j'aime beaucoup ce début de série. Mais sachant que 30 volumes sont prévus, je pense qu'il ne faut pas tirer trop de conclusions actuellement.

    Lord-Yupa
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    Lord Yupa le #289708

    Citation (veggie11 @ 01/07/2012 15:50)
    Sinon en mangas historiques, je découvre […] Les Mystères de Taisho, un manga policier réalisé par l'auteur des ''Lamentations de l'Agneau'' et ''Sing Yesterday for me'' qui prend place en 1920 et dont la restitution de l'époque est également admirable.

    Au cas où tu ne l'aurais pas déjà repéré, Veggie, le tome 4, looooongtemps attendu, des “Mystères de Taishô” est dans nos rayons ! on y retrouve donc le détective des années 1920, Matsunomiya, et son adjointe très efficace (plus que lui 😒 ) Maya, si mignonne mais si mélancolique. Ce volume d'ailleurs démarre sur une bien étrange tentative ratée d'enlèvement de celle-ci. Le contexte et les décors de l'ère Taishô semblent plus soignés dans ce volume, à ma grande joie car j'ai une passion pour cette époque (et pas seulement à propos du Japon).

    Qu'est-ce d'ailleurs, cette époque japonaise si méconnue ?
    Il s'agit de la période 1912 / 1926, sous l'empereur Yoshihito, appelé Taishô ( = Grande Justice) de son nom de règne. Il était atteint d'une sorte de méningite chronique et s'occupait très peu des affaires politiques, à la différence de son père l'empereur Meiji ( = Gouvernement Eclairé), homme d'Etat de très grande envergure, mais très paternaliste. Aussi sous le règne du fils, et sous l'influence de toute une génération éduquée par les nombreux enseignants, formateurs et spécialistes anglo-saxons ou français que le papa avait fait venir, apparut une vraie libéralisation des moeurs et de la politique, dont l'Acte de Réforme de 1919, et le passage au suffrage universel dans les élections en 1925. Ce furent alors les “Années Folles”, d'autant que l'empereur lui-même termina totalement fou. On n'a presque pas de photos de lui, car il n'était pas “montrable” (il sautait sur les tables et roulait en longue-vue les liasses de documents à signer).
    Une conséquence positive est cette ambiance libérale dès 1912, puis l'ère artistique dite “Ero-guro-nansensu”, soit “Erotisme, Grotesque, Non-sens” (dont le manga “L'île Panorama” de Maruo rend parfaitement compte), ceci par simple vacance du pouvoir.
    Une conséquence négative fut l'habitude vite prise – et conforme à un certain esprit de tout l'Extrême-Orient – d'isoler et cacher à tous le dirigeant officiel, les vraies décisions étant prises par un entourage pas toujours lui-même bien identifiable. Et comme le successeur Hirohito, très timide, ne s'intéressait vraiment qu'à la biologie marine, dont il était un expert, la fascisante Armée de Terre (à distinguer au Japon de la Marine) n'eut dans ces conditions pas grand mal entre 1932 et 1936 à confisquer progressivement le pouvoir.

    Achevé le tome 4, qui est hélas le dernier de cette série, on s'aperçoit qu'il ne concerne plus que le “mystère de Maya”, lequel est résolu sur un mode fantastico-réaliste pas trop tiré par les cheveux. On a le sentiment que Kei Toume avait prévu un peu plus long. Mais comme elle le révèle dans la postface de mai 2011, elle a travaillé plus de 10 ans sur cette oeuvre, donc il s'agissait peut-être de “boucler”.

    Données annexes, hors de tout spoil : il est question dans 2 ou 3 cases de la “mort en voyage” du Président américain Warren Gamaliel Harding. Effectivement, ce président est mort en 1923, pendant un périple maritime en Alaska. Si j'en crois André Maurois, c'était un homme insignifiant, bombardé à ce poste et totalement instrumentalisé par ses “amis” des trusts affairistes et pétroliers. Il en était pourtant conscient et, faible mais honnête, en avait assez de couvrir par force d'énormes malversations. Pendant le voyage, très déprimé, il le répétait, et envisageait même une confession publique. Sur ce, il mourut, dans des circonstances peu claires. Officiellement d'une “embolie”, mais très peu de gens y crurent…

    Lord-Yupa
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    Lord Yupa le #289709

    Les enquêtes du limier :
    Le tome 1 est dans nos rayons, et on y apprend beaucoup, donc il mérite présence ici.
    C'est tiré de romans d'un certain feu INAMI Itsura, adapté en manga par TANIGUCHI Jirô, qu'on ne présente plus ici oeuf corse.
    Le perso central, Ryûmon, vit retiré dans un chalet de montagne avec un chien-loup. Il exerce la profession curieuse de "détective de chiens", et est un fin chasseur. Vers 1980, époque d'écriture des romans par Inami, la chasse n'avait pas l'image presque unanimement négative qu'elle a acquise de nos jours (y compris au Japon). Le héros chasse donc volontiers, mais son activité consiste surtout à retrouver pour ses clients des chiens égarés ou volés. Non seulement c'est plus complexe et plus risqué qu'un non-pro pourrait le croire, mais cela s'insère dans des situations humaines révélatrices de la société, japonaise ou autre : une vraie petite sociologie en action ! il y a même des gangs de yakuza.
    En particulier dans ce volume, où la deuxième enquête concerne la disparition d'un chien d'aveugle, on en apprend énormément sur les difficultés inhérentes à la vie extérieure des aveugles, sur les chiens-guides (des Labradors presque systématiquement), sur leur éducation, la formation des aveugles eux-mêmes dans le rapport à leur chien, sur les associations qui géraient cela. Depuis ce temps, Taniguchi l'indique, la situation a évolué au Japon, mais il a préféré ne pas "moderniser" le contexte des romans d'Inami.
    Un bon manga, avec le beau dessin réaliste de Taniguchi, mais qui manque un peu de peps quand même.

    Bub
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    bub le #289710

    Citation (Lord Yupa @ 26/05/2013 08:47)
    Depuis ce temps, Taniguchi l'indique, la situation a évolué au Japon, mais il a préféré ne pas “moderniser” le contexte des romans d'Inami.

    Bravo Taniguchi !

    Merci Yupa pour ton petit topo sur ce titre qui m'intéresse.
    Peut-être qu'à l'occasion je prendrais ce titre. Si je comprends bien, il s'agirait d'une compilation d'histoires courtes c'est bien ça ?

    Taniguchi excelle dans ses travaux sur la relation homme/nature : le Sommet des dieux, K, Seton, l'homme de la toundra…
    Il a un authentique génie à savoir parfaitement restranscrire les sensations visuelles, olfactives, tactiles d'un individu en contact avec les éléments naturels, via son dessin. L'homme qui marche est à ce titre exemplaire.
    C'est pourquoi je guette ses oeuvres qui explorent ce type de relation, de développements, que je préfère cent fois à ses récits intimistes comme Quartier lointain ou Le journal de mon père, qui me paraissent plus convenus et classiques à côté.
    Chez lui, la nature c'est pas simplement un décor, c'est un personnage à part entière du récit auprès duquel les protagonistes humains se révèlent, ou s'effacent.
    Pour moi, Taniguchi c'est un peu le Jack London du manga.

    Lord-Yupa
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    Lord Yupa le #289711

    Citation (bub @ 26/05/2013 11:23)
    Il a un authentique génie à savoir parfaitement retranscrire les sensations visuelles, olfactives, tactiles d'un individu en contact avec les éléments naturels, via son dessin. L'homme qui marche est à ce titre exemplaire.
    C'est pourquoi je guette ses oeuvres qui explorent ce type de relation, de développements, que je préfère cent fois à ses récits intimistes comme Quartier lointain ou Le journal de mon père, qui me paraissent plus convenus et classiques à côté.
    Chez lui, la nature c'est pas simplement un décor, c'est un personnage à part entière du récit auprès duquel les protagonistes humains se révèlent, ou s'effacent.
    Pour moi, Taniguchi c'est un peu le Jack London du manga.

    Ô combien vrai, cher Bub. Et “le Jack London du manga”, très juste, bien trouvé, en tout cas pour les titres auxquels tu fais allusion ! justement j'ai (encore) opéré il n'y a pas si longtemps une conversion à la vraie religion (le mangaïsme) grâce au “Sommet des dieux” !

    Te connaissant, tu devrais aimer “Les enquêtes du limier” ; dans ce tome 1 il n'y a que deux récits (une histoire centrée sur un chien de chasse et une histoire centrée sur un chien d'aveugle, celle-ci plus développée, avec une femme chef de gang yakuza). Chacun des deux récits se subdivise en quelques chapitres.

    Lord-Yupa
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    Lord Yupa le #289712

    Dossier A : tome 15, et fin de la saga !
    Eh bien au final, pas mal bouclé, et suivi en bonus d'un excellent article de Christian Marmonnier, un survol du mythe de l'Atlantide dans la BD occidentale.

    Il faut le reconnaître, le scénario parvient assez bien à rattacher tous les fils, bien qu'ils aient parfois paru s'éparpiller dans tous les azimuts, et l'auteur (Toshusai) y démontre au passage une brillante culture historique sur l'Occident.
    Bien sûr c'est au prix d'un certain nombre de points assez farfelus, mais au fond mineurs. Le réalisme historique domine, et le manga se refuse même à nous mettre sous les yeux des Atlantes imaginaires, comme l'en complimente Marmonnier à juste titre. Pas de délire fantastique, juste quelques invraisemblances et coïncidences capillotractées, exploitant les lacunes de notre documentation.
    De toute façon la valeur de Dossier A se trouve surtout dans son éthique plusieurs fois affirmée (et typiquement japonaise) : la seule chose importante est de rêver, et d'aller jusqu'au bout de son rêve quoi qu'il arrive, quelles que soient les forces contraires.
    Au Japon, un individu peut se trouver en porte-à-faux avec les codes sociaux, si prégnants dans cette société ; mais s'il prouve qu'il suit son rêve et met tout en oeuvre pour cela, invariablement on le "respecte" – même quand on ne lui cède pas ; et très généralement on lui cède son espace vital. Il en va tout autrement en Chine, par exemple. Au Japon, c'est ainsi et pour cela qu'on rencontre tant d'excentriques que personne n'embête. Cela ressemble assez au goût bien connu des Anglais pour à la fois le conformisme et l'excentricité.
    Mentalité insulaire ?
    Excusez le HS.

    Lord-Yupa
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    Lord Yupa le #289713

    Zero pour l'éternité, chez Delcourt.

    On a déjà 2 volumes sur 5 à paraître.
    C'est un manga historique, sur la Seconde Guerre Mondiale. Comme je l'ai dit ailleurs, il se montre plus dense, plus approfondi que "La Mélodie de Jenny", même si ce dernier bénéficie des beaux dessins de Tsukasa Hojo.
    Celui-ci est d'un dessin très réaliste, soigné. Dans un bonus bien fourni en fin de volume 1, on en apprend sur :
    – le Zéro, avion conçu par Jiro Horikoshi, et dont le prochain film de Miyazaki nous reparlera (je serais surpris que ce sujet plaise hors du Japon ; ça dépend ; selon une amie qui l'a vu là-bas, on pleure beaucoup à le voir).
    – les kamikaze, "désignés volontaires" par l'impitoyable dictature militaire de l'époque.
    Le manga, tiré d'un roman, est assez original dans le genre. Il prend la forme d'une enquête menée par un jeune homme de 26 ans, en situation de "neet" (no employment, education, training) désabusé et totalement passif après avoir raté un concours 4 fois de suite, bien qu'étudiant brillant. Il a des excuses. Sa sœur aînée le "recrute" et le paye pour cette recherche, bien entendu pour le remotiver. Il s'agit de savoir enfin qqch sur leur grand-père maternel, mort en 1945 en kamikaze. Or les rencontres-interviews qu'il fait çà et là au Japon de vieux survivants, simples soldats ou officiers, vont le mener à une grosse surprise.
    Ce qui est intéressant, c'est que le récit n'occulte pas la manière incroyablement brutale dont l'Armée traitait ses propres troupes. Le survivant aux origines les plus humbles voyait même la mort au combat comme un moyen un peu valorisant de sortir d'une vie d'éternel chien battu. Le manga dénonce parfaitement aussi le piège, cette obligation pseudo-morale typiquement fasciste d'AIMER la mort pour la patrie.
    Ainsi ce manga (ça dépendra quand même de sa "leçon finale") ne peut être rattaché à un quelconque révisionnisme nippon. Psychologiquement subtil, il a aussi le mérite d'être très bien documenté sur tout le détail des batailles et leur déroulement (voir l'aspect bizarre, mais parfaitement authentique du porte-avions japonais "Akagi").
    Une œuvre à ne pas manquer je crois pour ceux que la période intéresse.

    Cyril
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    Cyril le #289714

    Citation (Lord Yupa @ 04/08/2013 19:40)
    Zero pour l'éternité, chez Delcourt.

    On a déjà 2 volumes sur 5 à paraître.

    3 (le tome 4 sort en novembre).

    J'ai aussi trouvé le manga intéressant, pour les raisons que tu mentionnes. Le nationalisme et l'éloge des kamikazes sont pour l'instant évités (je les craignais au début et, vu que je me méfie toujours un peu, j'attendrai le dernier volume avant d'acheter ou pas la série) et le grand-père est un personnage intéressant et complexe qu'on a envie de connaître davantage.

    Lord-Yupa
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    Lord Yupa le #289715

    Toutafé, Cyril ! je me méfie un peu du final…
    Merci de m'avoir signalé le tome 3, que je viens de voir en rayons en effet.

    Lord-Yupa
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    Lord Yupa le #289716

    Tiens, puisqu'au Japon je suis, je viens de trouver dans le grand complexe de cinéma "Movix" de Kyoto le flyer d'un film live qui adapte le manga dont nous parlions ci-dessus Cyril et moi :
    Zéro pour l'éternité. Il sort le 21 Décembre. Voir le site http://www.eienno-zero.jp.

    Natth
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      • ★★★
    Natth le #289717

    Un nouveau manga historique vient d'être annoncé pour 2014 : Ad Astra, édité par Ki-oon.

    Citation

    Sicile, 241 avant J.-C. Après deux décennies de conflit avec Rome, l’armée carthaginoise menée par Hamilcar Barca doit déposer les armes. Son fils, Hannibal, a six ans quand il assiste à cette bataille. Mise en déroute, Carthage doit un tribut astronomique au vainqueur, et l’enfant est témoin, impuissant, de l’humiliation des siens.

    Mais le jeune Hannibal refuse l’échec : élevé dans la haine de Rome, il va vouer son existence entière à la destruction de l’ennemi. Commence alors l’affrontement exceptionnel d’un des plus grands tacticiens de tous les temps et de son alter ego romain, le génie militaire Scipion l’Africain. Traversée des Alpes à dos d’éléphant, pillages impitoyables et combats parmi les plus sanglants de mémoire d’homme : un duel à mort qui a marqué l’Histoire…

    Bravoure, complots et stratégie… Plongez au cœur des batailles qui opposèrent les légendaires Hannibal et Scipion !


    Il est possible que le succès de Cesare ait poussé Ki-oon à s'intéresser à un nouveau manga historique. De même, il s'agit de leur première collaboration avec Ultra Jump. Peut-être sera-t-elle suivie par d'autres licences du même magazine ? En tout cas, je pense que cette série est très prometteuse. Depuis trois ans, j'accroche de plus en plus souvent aux choix de Ki-oon alors que cet éditeur ne m'intéressait pas avant. J'espère que ça va continuer.

    Veggie11
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      • ★★★★
    Veggie11 le #289718

    Je suis dans le même cas : longtemps Ki-Oon avait un catalogue plaisant pour les fans du genre, mais qui me laissait de marbre. Mais avec la réédition des titres courts de Tsukasa Hojo, l'arrivée de Cesare sur lequel je devrais m'attarder et cette nouvelle licence, l'éditeur commence à pas mal m'intéresser. Manquerait plus que sorte Historie ou une réédition du Napoléon sorti il y a des lustres chez Kami dans une édition cochonnée et là je soutiens totalement l'éditeur.

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