Seinen

20 sujets de 1 à 20 (sur un total de 63)

Posté dans : Manga & BD

  • Lord-Yupa
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    Lord Yupa le #290458

    Tiens, pourquoi est-ce qu'on n'avait pas encore ce topic ?

    Bon, je n'ai guère besoin de préciser longuement je pense.
    A part bon nombre de grands classiques (lesquels d'ailleurs sont parfois aisés à placer sur d'autres topics en termes d'auteur ou de catégorie), il y en a qu'on oublie. Notamment quelques-uns orientés “humour” ou “sexy”. Or j'ouvre aussi cela pour pouvoir parler de 2 manga “déconseillés aux moins de 16 ans” et qui me plaisent. J'ai le droit, ayant nettement plus de 16 ans 😂 . Les moins de 16 ans de ce forum, voulez-vous bien arrêter de lire ça et f… le camp ! Il s'agit de Love in the Hell et de Lady Boy versus yakuzas.

    Je reviendrai plus tard pour le second, mais Love in the Hell mérite vraiment sa petite pub, j'ai beaucoup ri ! Je ne m'attendais pas à cette bonne surprise.

    Aux premières pages, Rintaro, un type jeune (27 ans) réalise qu'il vient de mourir très bêtement, d'une mauvaise chute alors que bourré comme un coing. Il vient de se réveiller tout nu, en Enfer ! Il est accueilli par une jeune démone, Koyori, une débutante dans ce boulot nommée responsable de ce pécheur. Comme il n'y croit pas une seconde il commence à vouloir asticoter ce joli petit lot, mais réalise très vite qu'elle a les moyens de se défendre : ses petites cornes s'allongent et lui crèvent les deux yeux, puis elle lui éclate la tête avec la classique massue à pointes ferrées des “oni” japonais. En effet le principe de l'Enfer est, très logiquement, de faire expier ses péchés à chaque damné en lui infligeant quotidiennement des souffrances. Même réduit en charpie, il se réveille le lendemain avec son corps parfaitement régénéré et intact. Notons que le manga ne fait pas du tout dans la complaisance gore, bien moins que bien des shônen : les mandales et cassages de tronches sont surtout comiques !
    On mène à part cela une vie très normale dans la vaste cité des Enfers. On y a faim, on s'y habille, mais pour acquérir quelques biens la seule monnaie, des “rancunes”, se gagne par des souffrances comme de bien entendu. On peut dégoter des petits boulots à peine pénibles mais qu'on ne peut garder que 3 mois. Rintaro en passe par bien des aventures à la fois hilarantes pour le lecteur et parfaitement inscrites dans la logique d'un Autre Monde “infernal”.
    Komori est marrante aussi, par ses petits impairs de débutante, et bien mignonne, ainsi d'ailleurs que Moko le trop joli travelo. On rencontre aussi la sévère Momone aux fiers airbags, et son damné Yukihiko, bellâtre qui se définit lui-même comme “un gros maso” enchanté par les pires supplices !
    On s'aperçoit vite que ce manga est plus profond qu'il n'y paraît, et les damnés ne sont pas tous d'innocentes victimes, ce qui est logique là encore. Mais beaucoup le nient, ou bien ont oublié leur crime ; tel justement Rintaro, qui ne parvient pas à comprendre pourquoi il est là… Sous le rire, les clins d'oeil envers les travers humains sont bien épinglés par un auteur lucide et mature. Et l'adaptation française (Glénat) est très drôle ! 2 volumes parus. Vite, le 3 !
    Mais pourquoi afficher ce manga “déconseillé aux moins de 16 ans” 😒 ?

    Feanor-Curufinwe
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    Feanor-Curufinwe le #290459

    Aïe Yupa ! Il existe déjà en fait ! ^^

    Lord-Yupa
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    Lord Yupa le #290460

    J'avais pas trop cherché. Ce qui est sûr c'est qu'on oubliait un peu le genre, (topic lancé en 2011…) alors ici ou là…
    Et puis on a quelques autres doublons, non ? 😛

    Lord-Yupa
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    Lord Yupa le #290461

    J'ajoute que je tiens à ce nouveau sous-titre "Le manga adulte", ce qui sous-entend "Et pourquoi pas avec quelques allusions non indirectes à la sexualité ?"
    Pas nécessairement non plus, hein !!!! Mais je commence à m'inquiéter un peu sur ce plan. Une sorte d'innocence bon enfant et rabelaisienne du manga diffusé ici ne disparaît-elle pas petit à petit ? En tout cas dans nos grandes surfaces, d'une part on voit à présent pas mal de hentaï bien lourds (heureusement de plus en plus sous cellophane et en rayons surélevés) absolument décérébrés, que je ne lis ni ne souhaite lire, et d'autre part des manga distincts de cette "littérature" d'assouvissement, mais "déconseillés aux moins de 16 ans" selon de récents affichages dès qu'un peu d'allusion non indirecte au sexe apparaît, et là je trouve cela puritain. A quand pour eux les rayons surélevés ? Il y aurait matière à débat HS – que je refuserais pour ma part – sur la contradiction avec nos cours d'éducation sexuelle dès le collège, ou sur l'autre contradiction, le fait de laisser la violence hors de ces classements : en effet je ne viens pas vous suggérer de parler des moins de 16 ans ou des questions de censure, mais bien tout simplement des manga pour adultes.

    Lady Boy versus yakuzas (chez Akata)
    ressemble un peu à "Love in the Hell", par un personnage central projeté soudain en un lieu quasi-infernal, où cependant les "horreurs" ne sont nullement gratuites pour faire baver les sado-maso, mais riches de sens, coups de projecteur sur les aspects affligeants – ou non – de l'humanité.
    Kôzô, petit semi-délinquant, beau gosse de 24 ans, rabatteur de filles pour les livrer à la branche proxénétisme d'un puissant gang yakuza, est convoqué par le boss en personne. Celui-ci s'est aperçu que ce petit tringleur de profession a séduit et sa femme et sa fille ! Il a donc imaginé un terrible châtiment : Kôzô est anesthésié, puis opéré et changé en fille canon. Un hélicoptère le dépose ensuite sur une île du Sud où ont été rassemblés cent délinquants sexuels (en slip!) à qui le boss a promis le retour à la liberté à condition de violer "la cible" = Kôzô, qui lui ne porte qu'un mini-short, un bustier affriolant et des jolies chaînettes… Le boss observe tout par des caméras dans l'île et un grand écran chez lui, contraignant son épouse et sa fille ligotées sur une chaise à assister au spectacle. Cela pourrait être un manga stupide
    et vicelard, mais non : c'est une bonne surprise, on fouille les âmes et non les corps ! le passé des délinquants en particulier est révélateur de bien des schémas humains et sociétaux, d'ailleurs certains ont de la noblesse, et Kôzô – qui retrouve son propre père sur l'île – réussit à échapper au sort promis, et découvre ce que c'est d'être une de ses proies antérieures…
    Un bon manga, certes résolument pour plus de 16 ans celui-ci, et non comique malgré quelques situations burlesques.

    Lord-Yupa
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    Lord Yupa le #290462

    Naoki Urasawa a déjà son topic dédié, certes, mais il est classé en "seinen" dans les magasins donc rapide allusion : c'est frappant de voir que les relations sexuelles ou même simplement amoureuses sont quasi-absentes chez lui (en tout cas après Monster, où Tenma a au début une relation suivie avec la fille du directeur de l'hôpital, qu'il n'aime guère et largue d'ailleurs, mais elle le hait-aime, un bien beau personnage).

    Un très bon seinen un peu oublié:
    L'Homme qui marche, de Jiro Taniguchi. Ce ne sont que petits chapitres sans autre lien que les balades d'un Japonais lambda, père de famille binoclard un peu dodu, l'anti-héros par excellence quoi. Il ne s'y passe que des rêvasseries du bonhomme, et sur 140 pages à peine les doigts d'une main de dialogues ! tout est dans le "Je-ne-sais-quoi et le presque-rien" selon Jankélévitch.

    Xanatos
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    Xanatos le #290463

    L'Homme qui marche de Jiro Taniguchi est effectivement un très beau manga.
    Il est superbe, très poétique, original et apaisant.

    Je l'avais offert à ma mère a Noël il y a quelques années et elle a beaucoup aimé. 😁
    Elle qui d'ordinaire ne s'intéresse pas trop aux manga (tout en sachant qu'il y a une grande pluralité de genre dans la bande dessinée japonaise) elle a été séduite par cette œuvre hors norme qui selon elle, sortait des sentiers battus.
    Elle a aimé ce “héros” très zen qui savait prendre “le temps de vivre”.

    Veggie11
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    Veggie11 le #290464

    De Jirô Taniguchi, j'aime en particulier Le Gourmet Solitaire (pour la bouffe), Le Survivant et enfin Quartier Lointain. J'ai d'ailleurs vu hier soir l'adaptation live franco-belge réalisée en 2010 et je trouve qu'il s'agit de l'une des adaptations de mangas les plus réussies. Même si la transposition en France change pas mal de choses, le réalisateur garde le fond de la BD pour le développer sous un autre angle. Très sympa. J'ai aussi aimé le clin d'oeil à Jirô Taniguchi à la fin, lorsqu'il interprète un passager du train. En plus, pour moi qui ai vu mon père quitter la maison, cette histoire me parle beaucoup.

    Lord-Yupa
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    Lord Yupa le #359940

    Je viens d’achever la lecture de Lady Boy vs yakuza.
    Vraiment intéressant à mon avis, même si c’est parfois cru et rude (notamment l’avant-dernier volume, le 4). Comme je l’ai indiqué, l’auteur de cette île-massacre s’intéresse non au gore mais au destin de tous ces pervers en slip. Il y en a d’ignobles, mais il y en a de nettement moins coupables, emportés par une spirale fatale vers une trajectoire de salopards, ou bien coincés mentalement par la faute d’autres (tel Kôzô lui-même à cause de son père pédophile et lâche au dernier degré). Certains ne manqueraient pas de se jeter sur ce manga sombre pour clamer qu’il prouve le ratage et l’échec total de “la société japonaise” comme ils disent. Ce serait idiot, d’abord parce qu’un manga, une BD ou un comic ne “prouve” strictement rien, s’agissant d’une fiction, et orientée par les opinions d’un individu qui la crée. Ensuite parce que le Japon en sa structure politico-légale ne diffère en rien de toutes les démocraties libérales telles que la France, le Royaume-Uni, les USA, etc. Et enfin parce que l’auteur, Sakurai, termine par un apologue positif, au moins pour les femmes, dont finalement tout le récit est la “revanche” ainsi qu’il le montre dans une des dernières images.
    C’est à lire !

    Lord-Yupa
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    Lord Yupa le #463349

    Le manga de Masamune Shirow Ghost in the Shell se trouve réédité chez nous.
    La chaîne Nolife en a parlé ce matin, signalant que la nouvelle édition a écarté deux pages “un peu trop osées” de l’original ! Ce qui confirme pleinement ce que je disais plus haut de la chape moraliste qui s’abat peu à peu sur notre type de civilisation, en dépit de quelques oeuvres-alibis. Les deux pages dont il s’agit (heureusement j’ai l’édition de 2003 de “Ghost in the Shell”) montrent le Major en situation assez érotique sur un bateau en compagnie de deux jeunes filles ; or le Major, bien que largement un cyborg, est une “femme”. Déviance lesbienne donc. Ainsi d’une part on nous clame que tout cela est normal dans des cours d’éducation sexuelle au collège, mais dans le même temps on nous censure une situation saphique (pas très poussée en plus !) dans un manga qui est plutôt seinen à mon avis, qui plus est. Bref.
    Le film avec Scarlett Johansson étant pour le 29 mars chez nous, on va pouvoir reparler de Motoko Kusanagi le Major en rubrique cinéma !

    Xanatos
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    Xanatos le #463433

    Je suis tout à fait d’accord avec toi mon cher Yupa !

    Quel intérêt de rééditer l’oeuvre majeure de Masamune Shirow si c’est encore pour nous sucrer ces deux planches qui avaient déjà été censurées dans la première édition française de 1996-1997 ?

    Alors qu’à côté de ça, dans l’édition de luxe de Gunsmith Cats de Kenichi Sonoda, les pages érotiques  qui furent supprimées de la première édition française ont été dans cette seconde édition réintégrées.

    Et puis comme tu le dis, Ghost in The Shell est un seinen manga qui vise clairement un public adulte, pas des bambins ou des pré adolescents.

    A propos de la bisexualité de Motoko Kusanagi, le 5e épisode de l’excellente série TV Ghost in The Shell Stand Alone Complex fait une allusion aux rapports amoureux de notre héroïne avec des femmes puisque l’on y retrouve ses deux petites amies.

    Au fait, je suppose que tu as remarqué Yupa et comme l’avait fort justement souligné Bub sur un forum voisin, le pauvre Buichi Terasawa se fait quelques fois critiquer avec virulence par ses détracteurs sur le web car il “ose” dessiner des femmes belles, plantureuses, sexy et légèrement vêtues (alors qu’à côté de ça, ses héroïnes comme ses méchantes sont aussi intelligentes que fortes et redoutables et ne sont PAS DU TOUT des potiches, ce que certains de ses détracteurs, comme par hasard, omettent totalement).

    A côté de cela, Shirow dessine lui aussi énormément de femmes très sexy mais lui curieusement, on lui fiche la paix à ce niveau là !

    Est ce à cause de l’aspect philosophique qui imprègne ses oeuvres qu’il se fait moins stigmatiser et traîner dans la boue que Terasawa ?

    Mais bon, Buichi Terasawa a su aussi créer des manga très inventifs, remarquablement bien écrits et regorgeant de créativité !

    Et puis comme je l’ai déjà dit plusieurs fois, un artiste dessinant si bien les femmes ne déteste sûrement pas le beau sexe. 😉

    Cela me fait penser aussi à Marcel Gotlib: dans les années 70 il avait dessiné énormément de BDs comiques érotiques complètement délirantes et hilarantes (dans Râââh Lovely, Rââââ Gnah Gnah ), reflets d’une époque où il y avait une vraie libéralisation des moeurs. Ses BDs n’avaient suscité aucune polémique et ont au contraire enthousiasmé les critiques et le public.

    Mais je suis prêt à parier que si elles étaient sorties pour la première fois dans les années 2010, plein de gens en auraient fait tout un pataquès, l’auraient conspué et l’auraient accusé d’inciter à la dépravation des moeurs !

    Sigh, quelle drôle d’époque nous vivons…

    Sinon, tout comme toi, j’ai hâte de voir le film live de Ghost in the Shell qui s’annonce assez réussi ! 🙂

     

     

     

     

     

    Bruno
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    Bruno de la Cruz le #463457

    Hello à tous !

    Petite précision, il semblerait que ce soit l’auteur lui-même qui voulait retirer ces pages. Ce sont deux pages assez hot, en couleurs, comme l’a dit maître Yupa.

    Concernant le débat de scène frivole et de ce type de contenu dans les manga, regardez le succès de la série Sun-Ken Rock de Boichi. C’est très osé, explicite, et parfois très bête mais les lecteurs apprécient (meilleure vente de l’éditeur). Pourtant, l’intérêt du titre est vraiment ailleurs, mais bon…

    Lord-Yupa
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    Lord Yupa le #463467

    Ah bon, OK Bruno, si c’est Shirow lui-même qui l’a décidé, je n’ai rien à dire ; mais ça m’étonne de lui, il n’y a qu’à constater son goût très appuyé pour les anatomies féminines les plus sexy, comme le signale Xanatos. En fait je viens de vérifier, et les deux pages en question sont également absentes de l’édition 2003 en 2 grands albums de GITS que je possède. Hot ? je me souviens que le climax de Motoko n’était suggéré que par de multiples volets d’insertion de disque qui s’ouvraient sur ses bras et ses jambes, c’est tout : idée assez amusante d’ailleurs ! La suppression rend la page d’après et la réaction de Batô complètement incompréhensibles, ainsi que les dialogues parlant soudain de “drogue”(!!?), mais qu’est-ce que ça peut foutre ? Du moment qu’il n’y a plus de lesbianisme en vue… Nous vivons de plus en plus dans un déchirement moral très contradictoire à ce sujet, on ne m’ôtera pas facilement cette idée.
    Sun-Ken Rock, je ne connais pas, Bruno.
    Xanatos, bien sûr que ton exemple des oeuvres de Gotlib est aussi très parlant, puisque je les lisais jadis à 13 ans dans un journal pour ados et pré-ados. Tiens, HS manga, je suis en train de lire, lentement à cause de mes crises de rire, un recueil des textes de scène de Pierre Desproges, de 1986 / 87. Eh bien comme tu le dis, plus personne n’oserait ses textes aujourd’hui !
    Buichi Terasawa montre lui aussi un goût appuyé pour les très jolies femmes en tenues minimalistes, ce qui à mon sens ne les humilie en rien, et d’autant moins que je te rejoins : elles sont le plus souvent soit très courageuses et efficaces, soit très intelligentes ; de plus Cobra les apprécie en gentleman, sans la moindre inconvenance ou pression envers elles : jamais il ne les traite en objets.
    Pour revenir à Motoko Kusanagi, son statut de cyborg est bien plus poussé que celui de Briaeros dans Appleseed, et l’on se demande même s’il ne s’agit pas d’un modèle ultime d’IA, ou bien d’un clone métallique. Je crois que l’interrogation va se retrouver dans le film, on verra, ne me dites rien, je déteste les spoils quand j’ai décidé que j’irai voir un film ! 🙂

    Bruno
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    Bruno de la Cruz le #463556

    C’est pour ca qu’on ne parle pas de version “censurée”, car c’est validé/demandé par l’auteur lui-même, d’après Glénat.

    Bien d’acc avec toi pour P.Desproges.

    Lord-Yupa
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    Lord Yupa le #463599

    C’est pour ca qu’on ne parle pas de version “censurée”, car c’est validé/demandé par l’auteur lui-même, d’après Glénat.

    Bien d’acc avec toi pour P.Desproges.

    On appellera donc cela de l’autocensure 🙂
    Mais bon, Masamune Shirow, ex-enseignant en technologie, a peut-être et seulement voulu la cohérence dans ce domaine.
    En effet, on peut toujours donner à un cyborg tel Motoko une apparence de femme, toutes ses parties corporelles ne sont qu’artifices (200 kilos de métaux rares et de silicone, selon le manga, et ses pas sonnent lourdement dans l’excellente série animée SAC). Quant à son cerveau humain, ou simplement d’origine humaine (!), s’il ne reçoit des glandes et métabolisme d’un vrai corps biologique aucune sécrétion hormonale (testostérone majoritaire pour un homme, oestrogène majoritaire pour une femme), il n’a ni genre ni intérêt sexué. D’ailleurs dans le réel on rencontre parfois des gens dont le cerveau est en inversion hormonale malgré leur apparence corporelle, pour diverses raisons ; s’ils en ont les moyens ces gens se tournent vers la chirurgie transgenre. En pure logique Motoko Kusanagi n’a aucun goût ni intérêt pour le sexe. Pour Shirow, montrer ses ébats est donc illogique.
    Et un jour Batô lui demande “Major, pourquoi n’avez-vous pas choisi plutôt un corps masculin ?” Motoko de lui répondre : “Pourquoi ? Tiens, flanque-moi un grand coup de poing en pleine figure.” Batô prépare un balèze de coup… et au dernier moment devant le superbe visage féminin se l’envoie à lui-même en pleine tronche. Le Major de dire : “Tu vois pourquoi ?”
    Il en va de même en principe pour Gally de Gunm, qui n’est qu’une tête : elle ne devrait pas connaître le sentiment amoureux, qui est biologique et lié au métabolisme génital / glandulaire. Or je crois que cela lui arrive (bien que je n’aie lu que les débuts, l’arc de Makaku).
    Un cyborg est un moine, ou une nonne. Ou plus exactement, ni l’un ni l’autre : un ange 🙂

    Lord-Yupa
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    Lord Yupa le #479653

    Je crois qu’on en a parlé ailleurs, mais bon, je le mets ici :
    Le Mari de mon Frère, tome 4 (et final, je crois) vient de sortir dans notre hexagone, en français ! Curieux de voir comment ça se boucle.

    Cyril
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    Cyril le #479749

    La fin était prévisible dès le début, à mon avis, et il n’y a pas de surprise. Ca ne veut pas dire qu’elle soit mauvaise. C’était un manga bien dessiné et agréable à lire, avec de personnages bienveillants et attachants, que ce soit Yaichi qui se remet en question, Kana dont l’absence de préjugés est rafraichissante ou Mike à la recherche des origines de son mari défunt et qui s’attache vite à sa nouvelle famille.

    Je regrette juste que le manga soit trop court. J’aurais bien aimé voir une possibilité qui est évoquée à la fin du volume, la visite de Yaichi et de kana au Canada pour découvrir comment des Japonais voient le Canada0

    Lord-Yupa
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    Lord Yupa le #480467

    La fin était prévisible dès le début, à mon avis, et il n’y a pas de surprise. Ca ne veut pas dire qu’elle soit mauvaise. C’était un manga bien dessiné et agréable à lire, avec de personnages bienveillants et attachants, que ce soit Yaichi qui se remet en question, Kana dont l’absence de préjugés est rafraichissante ou Mike à la recherche des origines de son mari défunt et qui s’attache vite à sa nouvelle famille.

    Je regrette juste que le manga soit trop court. J’aurais bien aimé voir une possibilité qui est évoquée à la fin du volume, la visite de Yaichi et de kana au Canada pour découvrir comment des Japonais voient le Canada.

    Oui, bien sûr tu avais raison, pas de surprise, et je suis bien d’accord sur le côté très sympa de ce manga bien mené. Encore une fois, sur les moeurs, le Japon est aussi avancé que la France, qui ne l’est pas plus, et nullement un pays spécialement “macho et patriarcal” comme je l’ai encore entendu avant-hier dans un reportage TV. ‘Tain, si vous vouliez citer des pays comme ça, vous auriez l’embarras du choix, mais vous n’osez jamais !! Car là il y aurait des contre-attaques, voire des représailles cette fois. “Attaquons-nous à un pays qui ne se défend pas, c’est plus commode”.

    L’Ile Errante est un manga de Kenji Tsuruta dont nous avons en bacs le tome 1. Tsuruta est un étrange mangaka au dessin hyperréaliste et aux récits frisant parfois plutôt le surréalisme. On le connaît pour “Spirit of Wonder” et “Forget-me-not”.
    Ici nous sommes dans les nombreuses petites îles du Sud-Est du Japon, en plein Pacifique. Mikura est une splendide jeune fille très svelte au mignon minois comme Tsuruta les aime, et elle ressemble beaucoup à la détective privée de Venise, Mariel. Mikura, elle, pilote un vieil hydravion à hélices afin d’assurer la livraison des colis et lettres dans les minuscules îles isolées. Son grand-père adoré vient de mourir, laissant d’étranges rapports sur une île qui apparaîtrait et disparaîtrait de façon totalement aléatoire. Elle porterait une cité mystérieuse, Electriciteit… Mikura se donne donc la mission de trouver l’île, mais cela n’est pas simple ! L’a t-elle réellement aperçue, juste avant que son avion ne soit en partie brisé par un boulet de canon ? Ou bien est-ce le produit d’un crash plus banal où elle perdit conscience ?
    En tout cas, les dessins sont fabuleux, comme toujours avec cet auteur magnifique !!

    Xanatos
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    Xanatos le #481158

    Pour avoir eu l’occasion de feuilleter L’île errante lors de notre dernière rencontre IRL, je confirme tes propos mon cher Yupa, les dessins de Kenji Tsuruta sont absolument FANTASTIQUES. 😀

    Il accorde un soin particulier aux décors qui fourmillent de détails et qui sont d’un réalisme saisissant, c’est franchement époustouflant !

    Quant à Mikura, elle m’a semblé très intéressante et d’une incroyable beauté, le mangaka ne manquant d’ailleurs pas une occasion de mettre en valeur sa superbe plastique. 😉

    Ce qui m’avait marqué dans ce que j’ai vu, c’est que de nombreuses cases sont muettes, comme si elles laissaient libre cours à notre imagination et nous permettaient de nous imprégner de l’ambiance hors du commun et si poétique de cette oeuvre.

    Sinon, j’ai appris via le dernier numéro de Animeland, que, si la série est encore en cours de publication, il faut s’armer de patience piur lire les prochaines aventures de Mikura: le premier volume est sorti en 2011 au Japon, le deuxième en 2016 !

    Néanmoins, quand on voit la qualité exceptionnelle du dessin, on comprend mieux pourquoi !

    Dès mon retour en métropole, je m’achèterai cette série, ce premier tome que j’ai eu la chance de feuilleter et ta critique élogieuse me donne envie de me replonger dans cette oeuvre au plus vite ! 😀

    Kenji Tsuruta est réellement un dessinateur extraordinaire et dont les histoires sortent des sentiers battus (je pense en particulier à Spirit of Wonder à la fois original et très beau).

    Lord-Yupa
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    Lord Yupa le #482324

    Ce qui m’avait marqué dans ce que j’ai vu, c’est que de nombreuses cases sont muettes, comme si elles laissaient libre cours à notre imagination et nous permettaient de nous imprégner de l’ambiance hors du commun et si poétique de cette oeuvre.

    En effet, Xan’, Tsuruta affectionne ces moments purement visuels, et je pense que tu les interprètes avec justesse.
    A part Spirit of Wonder et Forget-me-not, une oeuvre récente de Kenji Tsuruta est parue au Japon pendant que j’y étais l’été 2016, au titre en français !! C’est La Pomme Prisonnière. Je l’ai évidemment acheté. A ma surprise, ce one-shot d’environ 180 pages ne contient nul dialogue, seulement quelques pleines pages de “Commentary” que je ne puis lire à cause de ma grande faiblesse en kanji.
    Une fille longiligne qui ressemble comme deux gouttes d’eau à Mariel Imari, la détective privée de Venise héroïne de “Forget-me-not” y apparaît, devant une voie ferrée qui s’enfonce dans un tunnel. Elle décide de suivre cette voie, et s’éclaire dans le tunnel en alimentant une torche avec ses vêtements. Jusqu’au dernier vêtement, et donc dès lors elle est à poil pour tout le reste du récit sans paroles. Je dis bien “à poil” car le réalisme de ses poils d’entrejambe a d’autant plus frappé Sharbett à qui j’ai montré ce manga que Tsuruta se complaît à montrer le sans-gêne absolu de l’héroïne. Elle finit par déboucher à l’air libre, sur la voie ferrée qui file sur une étroite digue en mer ; enfin elle s’installe dans une vieille demeure insulaire au tréfond de laquelle elle découvre un vieux coffre au trésor de pirates. Elle use alors de couronnes, colliers, bracelets, tout en restant complètement nue par ailleurs. Boudeuse et paresseuse, elle vit là avec de très nombreux chats. Elle tente une fois de faire l’amour avec eux, mais ça se passe mal, les matous y mettant volontiers la griffe ! Elle dort beaucoup, rêve… et se retrouve dans la peau de Mariel Imari à Venise, vêtue, avec ordi et mobile ! Ne serait-ce pas celle-ci qui rêve d’être la Pomme Prisonnière ? En tout cas elle se dénude à nouveau et se rencontre elle-même, avec des lunettes pour seule différence ; ces jumelles font l’amour sur un banc de Venise, mais voilà que son chat la réveille, à nouveau en Pomme Prisonnière de la maison, dans la cave au trésor…
    Complètement déjanté et onirique, ce titre d’érotisme soft mais net ne risque pas de paraître en France à mon avis : on y aime les genres très tranchés, ou bien édulcorés du sexe, ou bien hentaï à fond la caisse, or ce n’est absolument pas cela. C’est une sorte de rêve poétique, de déclinaison de successifs tableaux de nu superbement dessinés. On n’a pas de public ici pour cela, je le crains.
    Je reviendrai sur Forget-me-not, plus classiquement construit même si le rêve contemplatif n’est jamais absent chez Tsuruta.

    Lord-Yupa
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    Lord Yupa le #482517

    Forget-me-not, donc :

    Mariel Imari est une détective privée fort jeune et fort jolie qui vit à Venise. Elle a une mère japonaise, Mariko, mais feu son grand-père, et son père (légendé “le salaud” sur la photo de famille !) étaient italiens, donc elle et ses deux soeurs Marine et Marina sont donc des métisses. 4 femmes prénommées “Mari-“, une des petites étrangetés qui parsèment discrètement le manga… Vecchio (“le vieux” en italien) est un célèbre voleur insaisissable que le grand-père de Mariel, lui-même célèbre détective, a traqué en vain jusqu’à sa mort. Or Vecchio continue à sévir très activement, annonçant à l’avance ses larcins et roulant la police à chaque fois. Le grand-père de Mariel lui a légué son superbe et vétuste palais sur un îlot de la lagune, à condition qu’elle se fasse détective et capture Vecchio. Donc Mariel mène l’enquête, à vrai dire plutôt paresseusement et rêveusement, installée par terre sur le trottoir d’un quai avec son ordi portable, tout en résolvant quelques petites affaires pour vivre. En effet, le legs inclut le vieux majordome et exécuteur testamentaire du grand-père, Cornélius, qui ne nourrit Mariel que de petits-déjeuners et respecte sévèrement toutes les règles du testament, tout en aidant la jeune fille. Elle finit par serrer de près le fameux Vecchio car elle est très futée sous ses dehors jmenfoutistes (elle dort toute nue sous son bureau, et finit dans le même état en une beuverie de bière avec ses deux soeurs arrivées du Japon). Elle semble d’une sexualité assez indécise, car elle a le béguin pour le jeune artisan Veppo, tout en le soupçonnant, mais n’hésite pas à embrasser sur la bouche la mignonne Japonaise Nana, et la recrute comme soubrette en sa vaste demeure.
    Ce polar léger et glamour, elliptique mais cohérent et bien mené, est aussi un prétexte pour Tsuruta à rêverie esthétique sur Venise, dont il dessine divinement la lagune au soleil, les mystérieux canaux la nuit, le désordre suranné et stylé de ses palais anciens : Canaletto et Bonington l’estimeraient un des leurs ! Sans compter le vif amour du mangaka pour la jolie, drôle, boudeuse et sans-gêne Mariel, bien attachante en effet.
    Manga de 2004, à se procurer en occase ou en ligne évidemment.

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