Personnalité de la semaine : Yuki Kajiura

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Enfin ! Le film tant attendu de Demon Slayer débarque dans nos salles. C’est le meilleur moment pour mettre à l’honneur la compositrice dont les musiques ont contribué au succès de l’anime !

Elle n’aura pas attendu longtemps avant de composer son premier morceau. Quand, en 1972, sa famille doit déménager en Allemagne de l’Ouest où son père a été muté, Yuki Kajiura écrit une chanson au piano pour sa grand-mère, intitulée Merci, au revoir. La petite fille n’a alors que sept ans ! Après avoir passé son école primaire et son collège en Allemagne, elle revient au Japon, où elle consacre ses études à l’ingénierie de programmation des systèmes. Mais finalement, à 27 ans, Yuki Kajiura choisit de se tourner vers la musique, passion qui l’habite depuis l’enfance et que son père a alimentée en lui faisant découvrir des symphonies et des opéras. Elle fonde donc en 1992 le trio See-Saw, en compagnie de Yukiko Nishioka et de Chiaki Ishikawa, qui marque un hiatus trois ans plus tard, après deux albums.

Yuki Kajiura profite de cette nouvelle liberté pour composer des bandes originales pour des jeux vidéo, des dramas, et des dessins animés – elle se fera ainsi remarquer sur Shin Kimagure Orange Road ou Eatman. Quand, en 2001, See-Saw se reforme en duo (Yukiko Nishioka a préféré se tourner vers une carrière d’écrivain), la compositrice noue ses premiers liens avec le studio Bee Train sur la série Noir : ses partitions, notamment le titre Canta per me, lui apportent alors une reconnaissance internationale. Elle enfonce le clou l’an suivant avec trois bandes originales, Aquarian Age, Gundam Seed et .hack//SIGN, cette dernière prouvant le degré de liberté que le studio Bee-Train lui laisse : Kajiura mêle sonorités électroniques et mélodies au violon, influences occidentales et japonaises dans une démarche qui frôle parfois l’expérimentation et sort des sentiers battus. Quant à Gundam Seed, son générique de fin, interprété par See Saw, s’écoule à plus de 200 000 exemplaires au Japon ! Le nom de Yuki Kajiura est dorénavant sur les lèvres de tous les animefans à travers le monde, sa réputation atteignant celle de Yoko Kanno.

La compositrice profite de cette renommée pour travailler en parallèle sur des projets solo, Fiction Junction (qui donnent leur nom à son site web officiel), chacun en partenariat avec une artiste différente, parmi lesquelles Keiko Kubota et Wakana Ôtaki. Quand, en 2007, Kajiura doit produire la bande-son de The garden of sinners, elle fait appel aux deux chanteuses et en recrute deux autres sur concours pour former le groupe Kalafina. De ces recrues supplémentaires, seule Hikaru Masai poursuivra l’aventure dans le trio qu’on retrouvera les années suivantes dans les bandes originales composées par Kajiura pour Puella Magi Madoka Magica, la saga des Fate, Black Butler ou encore les différents opus de Sword Art Online. Les succès de la compositrice finissent par ternir ses relations avec son agence Spacecraft Produce, qui la gérait depuis ses débuts professionnels en 1992 ! En 2018, Kajiura la quitte définitivement pour s’autoproduire avec le label qu’elle a fondé, FictionJunction Music. Cette nouvelle ère commence sous les meilleurs auspices puisqu’après Sword Art Onlince : Aliciziation, Yuki Kajiura signe la bande originale de Demon Slayer, série devenue phénomène de société. Désormais, quasiment tous les Japonais connaissent au moins ses travaux pour le film Le train de l’infini… que les Français s’apprêtent à découvrir à leur tour !

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A propos de l'auteur

Matthieu Pinon
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