Personnalité de la semaine : Masami Suda

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Chara-designer et animateur de talent, Masami Suda vient de nous quitter à 77 ans. Retour sur la carrière d’un homme d’exception qui aimait rencontrer ses fans français durant les festivals.

À l’origine, il voulait être musicien. Mais, quand il a réalisé que ses dessins pouvaient lui permettre de gagner de l’argent, Masami Suda a aussitôt changé de plan de carrière. Il faut dire que, dans les années 60, l’animation a le vent en poupe ! Pour lui, qui est né à Saitama le 16 septembre 1943, Tokyo devient donc un terrain propice aux offres d’emploi. Grâce à un ami, il intègre le studio Tatsunoko… dont il démissionne quatre mois plus tard. En effet, plutôt qu’animateur, il se retrouvait avant tout relégué au rang de chauffeur pour le staff ! Pas rancunier, Masami Suda revient rapidement travailler, cette fois en tant que freelance, dans la même société où il va établir son style pendant plusieurs années : on le verra ainsi contribuer à des œuvres majeures comme Speed Racer, Judo Boy ou Gatchaman.

Quelques années plus tard, Suda se retrouve approché par d’autres studios, notamment Toei Animation qui l’embauche pour travailler sur le générique de Candy Candy (1976) et de Lucile, amour et rock n’roll (1983). En 1984, c’est pourtant avec un titre à l’opposé de ces productions girly qu’il va marquer à jamais les otakus du monde entier, Hokuto no Ken, ou Ken le survivant en VF. Il y réussit le tour de force d’adapter pour l’écran les personnages à l’encrage lourd de détails de Tetsuo Hara, cumulant les postes de character designer et de directeur de l’animation. En parallèle, il travaille sur les adaptations en long métrage de l’autre poule aux œufs d’or du Shônen Jump, Akira Toriyama, sur les licences Dr Slump puis Dragon Ball.  Polyvalent, il s’adapte aussi bien au style humoristique et SD de Samourai Pizza Cats pour Tatsunoko en 1990 qu’au réalisme des matches de basket-ball de Slam Dunk pour Toei dont il supervise l’animation en 1993.

À la fin des années 90, on retrouve son nom au générique d’un dessin animé qui, à nouveau, conquiert tous les enfants à travers le globe : Yu-gi Oh ! Toujours en phase avec son époque, Masami Suda devient alors une référence dans les adaptations de jeu vidéo en animation, comme F-ZERO Falcon Legend ou Viewtiful Joe. C’est d’ailleurs lui qu’on retrouve au chara-design de la série animée tirée de Yo-kai Watch en 2014 ! Entretemps, en coulisses, l’animateur aux quarante ans de carrière aura tout fait pour le bien de sa profession. Au Japon, tout d’abord, où il intègre le syndicat Janica afin d’obtenir de meilleures conditions de travail pour les animateurs. À l’étranger, ensuite, où il part expliquer en quoi consiste son métier à travers les festivals. Il privilégiera d’ailleurs la France, où il sera toujours bien reçu : nombreux sont ceux à se souvenir de la gentillesse naturelle, de l’ouverture d’esprit et de l’humour de Masami Suda. Tous auront désormais une pensée émue pour cet artiste parti à 77 ans rejoindre les étoiles… de la grande ourse.

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A propos de l'auteur

Matthieu Pinon
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