Les comics sans super-héros

18 sujets de 21 à 38 (sur un total de 38)

Posté dans : Manga & BD

  • Lord3791
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    Lord3791 le #290235

    Citation (geoff34 @ 23/05/2015 12:07)

    La meilleur bande dessiné…sur la bande dessiné, bien qu'écrit en 1993, les explications de Scott McCloud restent encore pertinente, et quoi de mieux que la format de bande dessiné pour expliqué l'art de la BD, On pourra noté que l'auteur cite Osamu Tezuka et Hergé parmi ses exemples, à côté des auteurs de comics comme Jack Kirby, l'américain montre ainsi la porté international de la bande dessiné.

    A noter que Delcourt va ré-éditer Réinventer la bande dessinée pour le mois de septembre. Intéressant mais plus lourd à la lecture. Je me demande également si certain chapitres (notamment ce qui tourne autour du numérique) seront encore pertinent avec 15 ans dans le pif

    Geoff34
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    geoff34 le #290236

    dans le genre fantasy animalière avec des souris, Légendes de la Garde a l'air plutôt pas mal

    http://www.bedetheque.com/serie-17102-BD-L…e-la-Garde.html

    Tiens, en passant, voici une courte histoire de Bruce Timm, dans une ambiance assez trash dénué de super héros, Red Romance :

    https://klangley.wordpress.com/2011/02/20/b…mm-red-romance/

    Geoff34
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    geoff34 le #290237

    Retour vers le futur reviendra sous forme de comics :

    http://buzzly.fr/a-defaut-d-un-remake-reto…-son-comic.html

    Pour ma part, achat indispensable !!

    Lord-Yupa
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    Lord Yupa le #290238

    Pour les Parisiens que ces vieux classiques intéressent (ou pour les pingouins passant par Paris), j'ai eu la surprise de découvrir dans la bookshop du Musée de l'Orangerie tout un rayon consacré aux premiers comics US : Little Nemo, Les Cauchemars de l'amateur de fondue au chester, par Winsor Mac Cay, Krazy Kat par Herriman (la préface est de Bill Watterson), La Famille Illico de Geo Mac Manus, et plusieurs autres.
    Cela vient d'une expo précédente que le musée a faite et que j'avais ratée.
    On le sait peu, mais "La Famille Illico" eut un énorme succès au Japon d'avant-guerre et a contribué à une pré-libération de la Femme (avant que les militaires en 1936, évidemment machistes au dernier degrè, ne ramènent la Femme en arrière). En effet l'épouse d'Illico se comporte en chef autoritaire avec son mari et lui serre la vis de très près !

    Veggie11
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    Veggie11 le #290239

    Ah pourquoi Paris est aussi loin… Enfin bon, je vais quand même chercher ces titres ailleurs, il y a une foire aux livres qui s'ouvre prochainement, peut-être que j'en trouverai.

    Pour Bringing up Father (La Famille Illico), j'avais aperçu un extrait des planches (ou une version redessinée par Tezuka ?) traduit en japonais à l'époque de leur parution au Japon. Je crois que c'était dans Manga! Manga! A history of Japanese Comics, de Frederick Schodt.

    Feanor-Curufinwe
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    Feanor-Curufinwe le #290240

    Le 11 décembre, Urban Comics éditera l'intégrale des comic strips d'un titre que j'ai adoré lire dans Pif Gadget et autres revues du genre, Hägar Dünor ! 😃

    Citation
    Créé par Dick BROWNE en 1973, le strip Hägar Dünor (Hägar The Horrible en anglais) a été publié pour la première fois en France dans Le Journal de Mickey durant 14 ans. Après avoir été traduits en 13 langues, diffusés dans plus de 1 000 journaux de 53 pays et lus par des centaines de millions de lecteurs, Urban Comics propose l'intégralité des strips de par Dick BROWNE dans une édition inédite, complète en trois volumes. (contient : Hägar the Horrible: The Epic Chronicles: Dailies 1973 )

    28 euros, le 11 décembre !

    "With the first link, the chain is forged. The first speech censured, the first thought forbidden, the first freedom denied, chains us all irrevocably." -Jean-Luc Picard
    Star Trek - The Next Generation / The Drumhead

    Bub
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    bub le #290241

    Black Science.


    Grant McKay, fondateur de la Ligue Anarchiste Scientifique, a accompli l'impensable en créant le Pilier, un artefact capable de plier les arcanes de la Science Interdite à sa volonté et offrant à l'humanité la possibilité de voyager à travers les dimensions. Seul problème : un incident technique est venu perturber la première expédition avec pour résultat de piéger Grant et son équipe de scientifiques entre les dimensions de l'Infinivers, à la merci de mondes plus hostiles les uns que les autres. Seule solution face à l'inconnu : aller de l'avant !

    Voici l'histoire archi classique du savant génial mais à la personnalité marginale et rebelle qui a mis au point une invention géniale qu'il souhaite pour le bien de l'humanité : une machine permettant de passer d'un univers à l'autre.
    En effet, selon le principe que chaque être dans sa vie au moment où il prend une décision change l'évolution de l'univers tout entier, il existerait un nombre fini d'univers totalisant l'ensemble de toutes les différentes décisions prises par tous les êtres vivants passés, présents et futurs de tous les univers. C'est l'infinivers. Le tout serait agencé en forme d'oignon. En gros.

    Parlons tout d'abord du dessin, très bon. Matteo Scalera signe là de belles planches qui donnent vie à ces univers multiples. Son style hyper nerveux colle parfaitement au rythme du récit : pas de temps mort, les auteurs balancent les personnages et les lecteurs directement dans le feu de l'action (rares sont les pauses dans ce comics).
    Quelques planches en N&B pour vous faire une idée de l'ambiance créée par Scalera :



    Du bel ouvrage, honnêtement. Vous noterez au passage un usage fréquent de la double-page, permettant au lecteur de très rapidement s'immerger dans ces nouveaux mondes sans casser le rythme effréné de la narration.
    Je pense que ça a dû très largement contribuer à la notoriété grandissante de cette oeuvre.

    A la colorisation, Dean White.
    Là je suis plus partagé. Ses couleurs nous explosent littéralement les yeux. Ah ça, ça en jette, mais, de mon point de vue, ça étouffe beaucoup le trait fin de Scalera. Vous pouvez vous amuser à comparer des planches en N&B et couleurs ici :
    planche 1 N&B / planche 1 couleur
    planche 2 N&B / planche 2 couleur
    Il semblerait que White ait la main moins lourde sur le tome 2, j'espère qu'il continue dans cette voie sur les tomes suivants, ça contribuera grandement à rendre la lecture plus aisée.

    Parce que voilà pour moi le principal défaut de ce pourtant très bon titre.
    Nos yeux ont beaucoup de mal à parcourir les belles planches qui sont sous notre nez.
    A cela, plusieurs raisons.
    J'ai déjà dit que les auteurs privilégient un rythme narratif intense, avec une action non stop. ça court dans tous les sens, ça explose, ça chute, ça bondit, ça feinte, ça n'arrête quasiment jamais. Normal me direz-vous, les mondes parcourus sont tous hyper dangereux et la machine à voyager de nos héros, détraquée, s'enclenche à des intervalles irréguliers de quelques heures seulement. D'où cette ambiance de course éperdue, désespérée.
    Désespoir d'ailleurs entretenu par le scénariste, Rick Remender, qui dépeint une humanité franchement égoïste et des êtres "extraterrestres" soit brutaux soit complètement siphonnés de ce qui leur sert de cerveaux. Reste que parmi tous ces univers multiples s'en trouvent certains qui sont des quasi doubles du notre… ce qui introduit une dimension supplémentaire au scénario en créant des doubles aux personnages aux idéaux ou objectifs légèrement déviants. C'était attendu, mais voyons comment il fera évoluer ça.
    Autre truc qui m'agace toujours, des foutus incipits introspectifs incrustés dans chaque coin de case où se déroule action : pour résumer, on essaie de suivre une baston tout en lisant les "pensées" du héros qui se livre à une auto-analyse de ses erreurs passées… *soupir* un procédé tellement classique que c'est un pur cliché…
    Raaah, mais pourquoi tous ces personnages n'ont-ils que du goudron dans la tête ?????

    Cela posé, je reconnais que ça fonctionne plutôt bien dans l'ensemble.
    Le récit progresse vite, très vite même, l'intrigue se complexifie, le bordel généré par le héros s'étend à l'infinivers tout entier, on a envie de connaître la suite.
    Pour l'heure, je recommande.

    Sharbett
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    Sharbett le #464251

    J’ai grand-hâte de lire la suite et fin de…

    C’est ma couv’ préférée, mais pas celle du premier tome ^^

    Rachel se réveille sous terre et s’en extirpe tant bien que mal, les yeux rouges, le cou marqué par une marque de strangulation. Quelqu’un a essayé de la tuer et elle compte bien découvrir qui. Mais elle a du mal à faire avancer son enquête: de mystérieux phénomènes se produisent dans sa ville…

    J’ai eu un gros coup de coeur pour cette série: les dialogues sont hilarants, décalés. Les personnages sont plaisamment expressifs et réalistes, traités avec tendresse. L’auteur joue de tous les humours: lourd et gras avec le perso de Jet, la mécano qui n’a pas froid aux yeux, noir avec Zoé, la vraiment très inquiétante gamine, surréaliste avec tante Johnny, qui bosse dans une morgue (j’ai relu plusieurs fois son entrée en scène tellement je l’ai trouvée incroyable).

    Bien entendu, c’est noir et noir, la série aborde des sujets durs, flirte avec l’horreur tout en ayant la politesse de rester soutenable, merci M. Terry Moore.

    Je regrette un peu l’accumulation de mystères qui promettent de ne pas être tous résolus, et je n’apprécie pas beaucoup le tournant scénaristique de la fin de la série, mais qu’importe; je suis ravie d’avoir découvert un auteur qui dessine bien et construit d’excellents dialogues. J’attends sa prochaine sortie, Motorgirl, avec impatience, elle promet d’être encore plus dingue, dans un registre complètement différent, que Rachel Rising 🙂

    Ce n’est pas une oeuvre parfaite, mais elle reste agréable pour son humour, ses dialogues bien tournés, ses trouvailles de mise en scène.

    Lord-Yupa
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    Lord Yupa le #464285

    Ooooh, mais tu m’en as parlé, de “Rachel rising”!
    Oui, ça paraît vraiment original et (connaissant Terry Moore) intelligent !
    Moi je le connais par Strangers in Paradise, un petit bijou de long story en plusieurs volumes (1993 à 2007), plein d’un mélange de drames, d’humour déjanté, de tranches de vie américaine typées-branchées, de fine psychologie qui n’a l’air de rien. Histoire des amours entre Fran(cine Peters), la brune à tendance parfois boulimique, “que des pépins avec les hommes”, et Katchoo, la blonde, artiste “lesbienne-quoique”. Elles tentent désespérément de se construire une vie commune, mais il y a David Qin, amoureux de Katchoo, il y a d’autres nanas dont certaines très dangereuses (mafia !), des coups de feu, de grands serments et trahisons, etc. C’est l’éditeur Kymera qui en propose le plus de volumes. Gros succès dans le public féminin aux USA, plutôt frustré par les super-héros, “Will Eisner Award” en 1996, autres prix, etc.
    Si Rachel Rising est du même niveau, cela mérite le détour !!

    Sharbett
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    Sharbett le #465134

    Alors attention, le dessin de Strangers in Paradise est un peu cartoon, un peu humoristique alors que celui de Rachel Rising, lui, est plus crûment réaliste ^^ Ce sont vraiment deux oeuvres différentes 🙂

    Mais passons. Ce soir, je viens dans un but bien précis.

    Attention ! Aujourd’hui, je viens sauver votre vie, rien que ça. Pourvu qu’il ne soit pas trop tard !

    Méfiez-vous. Cette œuvre va mettre votre travail (“Et donc, vous lisez des comics planqué dans la salle de réu’ au lieu de préparer ce dossier?”), votre couple (« Passe-le moi ! c’est MON tour, maintenant ! Mon tour, j’ai dit ! –Nan ! J’ai pas fini ! –Menteuse ! T’as déjà lu ce chapitre hier soir, je t’ai vue quand tu faisais semblant de dormir ! – De QUOI tu me traites, là ??!»), vos finances (“Oups, la totale pour mes quinze potes, c’était peut-être pas une si bonne idée que ça…”), votre raison (“Rhâââh, mais qu’est-ce qu’il se passe ensuite?!”) et votre vie en danger.

    A cause d’elle, plusieurs paisibles amateurs de BD sont devenus fous : de modestes employés de bureau ont tout plaqué pour devenir représentants commerciaux (« Achetez-la, c’est top ! »). D’autres ont harcelé l’éditeur pour percevoir un pourcentage sur les ventes (« Avec toute la pub que je vous fais ! Je l’ai offert à tous mes amis, PAYEZ-MOIIII !!!! »).

    Et en plus… il y a un chat. En bonne accro des vidéos de chachats, j’étais vaincue d’avance.

    Je viens ce soir pour vous dire solennellement de ne pas faire comme nous, comme moi. Restez à l’abri. N’approchez surtout pas de…

    Audacieux, non ? Si, audacieux. Elle fait quoi, Alana, le menton fier, le regard décidé ? Elle donne le sein. Vous mettez ça sur Facebook, je donne pas deux heures d’espérance de vie à votre compte. Ben oui, on ne montre pas une femme qui allaite, c’est obscène (pour ceux qui trouvent ça obscène, hein, moi, je m’en fiche, je trouve ça normal au point que j’ai mis du temps à piger que ça ne passerait pas sur les réseaux dits sociaux).

    Méfiez-vous, cette couverture frappante et pour les prudes, choquante, constitue le premier pas qui va vous faire sombrer dans une irrésistible addiction. Ah, ils connaissent leur boulot, les dealers !

    Saga, c’est quoi comme principe de drogue ?

    Un dessin lisible et lumineux va d’abord stimuler votre sens aigu de l’esthétisme. Le design des personnages bouscule votre perception : ils sont splendides, monstrueux ou les deux, comme la Femme-Araignée, belle, désirable, inquiétante en même temps. Oui, tout ça à la fois. L’expressivité des personnages va vous plonger immédiatement dans l’émotion la plus vive, et pour cause : l’histoire s’ouvre sur une scène rare et puissamment chargée en émotion, pour la raison que vous découvrirez si vous succombez. Ca y est, vous êtes amorcé.

    Ensuite, l’histoire commence. Continent, la planète des Ailés, et Clivage, celle des Cornus, se livrent une guerre impitoyable et originale : soucieux de préserver leur environnement, les deux camps se battent ailleurs que sur leur territoire, impliquant donc d’autres peuples. Alana et Marko fuient pour vivre leur amour et sont pris en chasse: personne ne doit savoir que l’union entre les deux peuples est possible…

    Une intrigue complexe, une foule de personnages secondaires au moins aussi intéressants et/ou attachants que les principaux vous enchaînent désormais à ce scénario. Des dialogues percutants, des réparties spirituelles et/ou comiques vont flatter votre centre du langage.

    A ce stade, vous êtes cuit. Il vous en faut toujours plus : des flash-backs pour vous expliquer comment on en est arrivé là, qui sont les Robots, ce qu’ont traversé Marko et Alana, traumatisés par la violence, les relations compliquées et changeantes… toujours plus, vous dis-je, jusqu’au moment où il ne vous reste plus rien, parce que le tome suivant va paraître dans des mois et des mois.

    La galerie extraordinaire de personnages est l’un des points forts de cette série, la diversité est tout simplement incroyable: homos, vieux, moches, beaux, passionnés ou calculateurs… toute une gamme de persos très différents jouent dans un jeu complexe d’intrigues et de stratégie. Les personnages féminins assument leurs désirs, leurs convictions et vivent comme elles l’entendent, c’est agréable de lire des femmes fortes et déterminées.

    L’histoire est racontée par Hazel, la fille de Marko et Alana. Cette fourbe narratrice glisse des allusions à la suite que vous n’avez pas encore lue : vous voilà obligé de relire pour repérer ses petits cailloux le long du chemin, habile façon d’entretenir l’addiction.

    Attention, l’œuvre contient des scènes sexuelles de sexualité et des scènes de violence physique explicites. Ainsi que la double page la plus mémorable de ma vie.

    Ne faites pas comme nous, comme moi. Ne lisez pas Saga. Vous pourriez aimer ça.

    Mais naaaan, je déconne! Achetez-le, lisez-le, relisez-le, mangez-le, offrez-le à tous vos amis, ils vont kiffer! Saga, c’est le Bien! Le Bien, vous dis-je! Je veux un pourcentage sur les ventes! Quoi? Oui, Nael, je suis très calme, rends-moi cet ord…

    Sharbett
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    Sharbett le #465553

    Dans un appart’ éclairé à la bougie, devant un plan de travail recouvert de fioles bizarres et de symboles cabalistisques…

    « Ph’nglui mglw’nafh Cthulhu R’lyeh wgah’nagl fhtagn… »

    Hein ? Quoi ? Vous êtes là ? Ce que je fais ? Mais rien du tout, la cuisine, rien, quoi. Sur la table ? Mes légumes pour la soupe. Si, si, ‘y a pas de saison pour la soupe, c’est bon pour la santé et la santé, ça fait vivre longtemps. *planque tout nerveusement sous une nappe* Je couvre sinon ça va s’oxyder. Les bougies ? Ben, ça fait économiser l’électricité et euuuuh… Internet tourne plus vite. Pardon ? Ah oui, c’est le topic des comics sans superhéros ici, tiens, mais comment je suis arrivée là ? Je ne me souviens pas…

    Autant en profiter pour causer, voulez-vous ? Asseyez-vous dans le salon. Une tasse de thé ? Ne craignez rien, il n’est pas empoisonné, hahaha ! Vous êtes bien ? Alors allons-y.

    Or donc, Providence. Un chef-d’œuvre, m’est avis. Le scénario est explicitement inspiré de l’œuvre d’un obscur écrivain, Love-craft… il n’a pas dû percer avec un nom pareil, « Artisan d’amour », c’est ridicule ! Toujours est-il qu’il avait l’imagination fertile et a créé un univers horrifico-fantastique fascinant.
    Cet univers est repris dans un gigantesque canevas par un autre auteur, un certain Alan Moore, homme mystérieux s’il en est. Personne ne l’a jamais vu, à ce qu’il paraît.

    *Sluuuurp*

    Je vous ressers une tasse ? Voilà. Et prenez des cookies au citron. Venons-en à l’histoire proprement dite.

    Robert Black, un jeune, beau et brillant journaliste des années 1920, décide de tout plaquer après un entretien avec le Dr Alvarez, un homme qui aurait connu les techniques de résurrection exposées dans un traité ésotérique. Il part chercher et lire ce livre, récolter des renseignements et des matériaux pour écrire son propre roman fantastique. Horreur fatale…

    Quoi ? Mais non, j’ai dit « erreur fatale ». Vous aurez mal compris à cause du bruit ambiant. Ces immeubles sont si mal insonorisés ! Mon voisin du dessus manque cruellement de savoir-vivre. Parfois, je lui apporte à manger. C’est déjà la pleine lune, d’ailleurs? Bref.

    Ne vous fiez pas à la couverture terne et triste du premier tome. Le dessin est tout à fait extraordinaire, le travail sur les costumes, les visages, admirable en tout point, et, pour les aficionados, c’est un splendide hommage à l’œuvre originale. Pour ceux qui n’ont pas lu Lo… Love-craft, il restera une belle sensation d’horreur et de malaise diffus devant… certaines gens, haha. Je n’ai pas été déçue de la reprise du Cauchemar d’Innsmouth, oh là là, mais pas du tout.

    Ce que j’ai adoré, surtout, c’est la façon de représenter les limites de la perception. Il y a des choses qui se passent, qui se disent juste devant Robert Black, et il ne voit rien. Il écoute, mais il n’entend pas. Il réplique, mais il ne comprend pas. Il ne saisit pas que les métaphores n’en sont pas, que ses interlocuteurs disent une vérité qui lui échappe, parce qu’elle est inconcevable pour sa raison. Sans compter qu’un événement fantastique peut aussi avoir une explication rationnelle, Maupassant avait bien raison. Quel brillant conteur il était pendant ces soirées…

    Pardon, je m’égare. Providence va brouiller votre perception, va vous pousser à vous interroger sur votre rapport au réel, au temps, en vous confrontant à une narration efficace, à d’amusants jeux d’ellipses et au récit que fait Robert Black. Vous verrez que les mêmes faits n’ont plus du tout la même saveur selon le point de vue. Est-il dans le vrai ? Ou est-ce vous ? Vous croyez que vous feriez mieux que lui, à sa place ?

    Que se passe-t-il, vous ne vous sentez pas bien ? Allons, allons, il y a une explication. Mais non, ce n’est pas le thé.

    Ce sont les cookies. Le voisin aura à dîner…

    Avertissement : contenu choquant.

    Veggie11
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    Veggie11 le #490860

    Je viens d’apprendre le décès de Mort Walker à l’âge de 94 ans (un bel âge). Ce dessinateur américain était peu connu en France, même très peu connu malheureusement, mais aux USA c’était une star. Réputé notamment pour sa BD ”Beetle Bailey”, une satire de la vie militaire où les officiers sont des incompétents et les soldats des paresseux (notamment Beetle) qui tentent d’échapper aux ordres hurlés du sergent (une brute imbécile passant son temps à boire et à manger). Dans mon enfance, j’avais pu découvrir une série de gags dans des Spirou de la fin des années 70, à une époque où la Rédaction tenait à faire découvrir les œuvres extra-francophones à leur public, une initiative qui n’a malheureusement pas pris auprès des lecteurs. Beetle Bailey méritait une bien meilleure reconnaissance… De mémoire, il me semble qu’il existe d’autres traductions plus tardives des mésaventures du jeune soldat bohème, mais difficilement trouvables à l’heure actuelle.

    Lord-Yupa
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    Lord Yupa le #490865

    Ha ha, j’adore Beetle Bailey ! Et je pense que Mort Walker a su comme son héros économiser son énergie afin de ne décéder qu’à cet âge… C’était sûrement un homme charmant, plein d’humour et de détachement !
    Moi je l’ai découvert seulement en prenant régulièrement le Herald Tribune afin d’utiliser les articles et cartoons dans des cours particuliers d’Anglais, que je donnais pour arrondir mes fins de mois. Le soldat qui se donne beaucoup de mal pour ne rien faire évoque d’assez près Gaston Lagaffe, et le dessin est superbe de simplicité expressive.

    Xanatos
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    Xanatos le #508723

    The Mask

    Les tout premiers comics originaux de The Mask  par John Arcudi et Doug Mahnke sortiront bientôt en version française chez l’éditeur Délirium. 🙂

     

    http://www.comicsblog.fr/35993-Delirium_annonce_une_inteegrale_des_comics_The_Mask_de_John_arcudi_et_Doug_Mahnke?fbclid=IwAR1e5YUy1yfxu0NcekRGRIfqxHImMxjIXv2f_6pWpYvBUK83FRuu-4oJHIo

     

    Attention cependant: ils sont beaucoup plus sombres, glauques et violents que le film live avec Jim Carrey ainsi que le dessin animé.

    Si on y retrouvera l’humour cartoon bien connu du personnage, ce n’est pas l’aspect prépondérant de la BD, celle ci étant très subversive, iconoclaste et oppressante…

    Une sortie que je ne louperai pas pour ma part ! 🙂

     

    Lord-Yupa
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    Lord Yupa le #524383

    Remontée des abîmes pour ce topic !

    Le Prince et la Couturière, 2019, vient de sortir en français chez Akikeos. C’est une oeuvre extrêmement attachante de Jen Wang, qui malgré ce nom chinois est une Américaine connue aussi pour IRL- Dans la vraie vie.
    Déjà le dessin et la mise en page sont superbes, très originaux, élégants, non sans une lointaine influence du shojô manga ainsi que le remarquait Sharbett, autre fan comme moi de ce bel album (en plus c’est elle qui me l’a donné). Par ailleurs, le récit brille par sa qualité : émotion discrète, intelligence, satire des conventions.
    Sans spoiler beaucoup, quelques mots sur les débuts :
    Nous sommes à la fin du 19e siècle. Sans le moindre pathos larmoyant, on suit Francès, une couturière adolescente et pauvre qui travaille avec d’autres “petites mains” dans la boutique d’un tailleur réputé. Le jeune prince de Belgique, Sébastien, 16 ans, va assister à une soirée destinée à lui faire rencontrer des jeunes filles. Toutes sont folles de joie à l’idée, mais l’une d’elle, Lady Rohan, y est contrainte et traînée de force par sa mère chez le tailleur pour une nouvelle robe. Francès est désignée pour la lui préparer, et la jeune rebelle lui chuchote “Vous savez quoi ? Faites-la affreuse. Je veux ressembler à la servante du diable”. Or Francès la prend au mot et travaille toute la nuit. Le lendemain, à l’entrée de Lady Rohan, le scandale éclate : transparente et noire, sa robe montre ses jambes jusqu’en haut des cuisses et ses épaules disparaissent sous une fourrure de loup-garou. Elle bâfre ensuite des gâteaux sans s’essuyer. Tous les journaux du lendemain hurlent contre cette “abomination”. Mais au moment où son patron va flanquer à la porte Francès, le serviteur d’une cliente enthousiasmée par la robe arrive et propose à l’adolescente d’en devenir la couturière personnelle. Elle accepte. Mais en voilà une étrange cliente !
    On s’attache vraiment au destin de la gentille et courageuse Francès, qui est si créative par passion de la mode et très déterminée. Scénario brillant, d’une parfaite logique dans ses inattendus, et la fin fait chaud au coeur.
    Ne ratez pas ce petit chef-d’oeuvre !

    Xanatos
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    Xanatos le #524384

    Le Prince et la Couturière

    Et voici à quoi ressemble la couverture de cette bande dessinée américaine de Jen Wang 🙂 . Sharbett et toi, vous m’avez convaincu, je vais commander cette BD sur la Fnac ou Amazon aujourd’hui 🙂 . En plus c’est un récit one shot et cela m’arrange d’autant plus !

    Xanatos
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    Xanatos le #524736

    Bon j’ai lu Le Prince et la Couturière et… j’ai absolument adoré ! 😀

    C’est l’un des meilleurs comics de ces dernières années qu’il m’ait été donné de lire ! 😀

    Je tiens à dire un immense MERCI à Yupa et Sharbett de m’avoir donné envie de lire cette oeuvre ! 😀

    Déjà, j’ai eu un coup de foudre pour le trait de Jen Wang: je trouve vraiment son dessin réellement très beau, fin, délicat et expressif. C’est un véritable enchantement visuel et un régal pour les pupilles.

    Ensuite: l’histoire est tout simplement belle.

    J’aime la passion de Francès pour la couture où celle-ci laisse libre cours à sa créativité, son imagination pour élaborer des robes recherchées, raffinées, et variées.

    On sent qu’elle s’épanouit dans cette voie.

    Et sa relation avec le prince Sébastien est formidablement bien traité, ce dernier étant tout aussi attachant que notre talentueuse couturière. Il est gentil, prévenant, sensible et Francès est sympathique et attentionnée.

    Ce que j’ai beaucoup aimé dans ce récit, c’est que beaucoup de personnages ont une personnalité nuancée, contrastée, aucun d’entre eux n’a un tempérament caricatural.

    Sébastien est confronté à un cruel dilemme, il redoute que son secret ne soit mal compris par ses parents…

    J’ai été très marqué par ce superbe dialogue entre Francès et le père de Sébastien:

    le père de Sébastien: “Puisque vous connaissez si bien mon fils, pourquoi se posait-il des questions sur lui même ? De quoi a-t-il manqué ?”

    Francès: “Non votre Altesse, il ne se posait pas de questions sur lui-même. Ce qui a perdu Sébastien, c’est sa peur de ce que VOUS pourriez penser de lui. De ce que VOUS pensez de lui. Il était parfait.”

    D’ailleurs même les parents de Sébastien ne se montrent pas détestables: ils veulent comprendre leur fils, l’aider et souhaitent avant tout qu’il soit heureux. On les voit vraiment se remettre en question.

    J’ai trouvé que cette BD est subtile, sublime et très émouvante, elle touche directement le coeur du lecteur et est un formidable hymne à la tolérance et au respect de la différence.

    De plus, il s’agit d’une histoire complète contenue en un seul tome et qui ne traîne pas du tout en longueur.

    N’ayons pas peur des mots: il s’agit bel et bien d’un chef d’oeuvre.

    Je recommande Le Prince et la Couturière à toutes et à tous ! 😀

     

    Lord-Yupa
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    Lord Yupa le #525340

    Sharbett m’en a informé, IRL-Dans la vraie vie , de Jen Wang, est à présent disponible en français, toujours chez Akikeos. Bonne nouvelle à coup sûr !

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