Les manga culturels

20 sujets de 261 à 280 (sur un total de 287)

Posté dans : Manga & BD

  • Xanatos
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    Xanatos le #523992

    J’ai craqué l’autre jour pour le manga de Kuro-Savoir Aphorismes sur la sagesse dans la vie, par Arthur Schopenhauer, dessiné par Yû Isagi. L’ayant lu, j’en reparlerai car Schopenhauer est un de mes philosophes préférés. En fait il s’agit surtout de ses analyses sur la psychologie humaine et non de sa plus ample conception du monde (Weltanschauung). Il sauve du suicide une jeune fille, Elisabet Ney, future sculptrice réputée, anecdote authentique, même si la vraie artiste ne ressemblait guère à la très jolie blonde dessinée ici 🙂

    Mon cher Yupa, je voulais te demander au sujet de Aphorismes sur la sagesse dans la vie par Arthur Schopenhauer , s’agit-il d’une série ou bien d’un récit “one shot” ?

    L’oeuvre ne compte-elle qu’un volume ou se suit-elle sur plusieurs tomes ?

    Ah et bonne nouvelle, mon tome 11 de Arte est arrivé aujourd’hui 🙂 .

    Je le lis demain après midi et j’en ferai une critique détaillée ainsi que celle du tome 10 dans la foulée. 😉

    Lord-Yupa
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    Lord Yupa le #524022

    C’est juste un “one shot”, cher Xanatos, et ni très épais ni cher (6,80 E). La même collection diffuse d’autres manga philosophiques en un seul volume centrés sur textes célèbres, tels Ainsi parlait Zarathoustra de Nietzsche, Le Capital de Karl Marx, etc. Celui-ci montre bien le conflit entre le jeune professeur de l’Université de Berlin Schopenhauer et son collègue âgé Hegel bien plus populaire. Cela n’éclaire pas vraiment le noyau de leur pensée respective, comme je le disais, mais cela peut donner l’envie de s’y plonger.

    Dans le volume 3 de Mes voisins les Yamada, au strip 1387, on a l’institutrice Fujiwara en classe ; un élève lui demande “Mademoiselle, c’est vrai que les Français sont des imbéciles ?” Elle répond : “Euh… Disons plutôt qu’ils sont… horriblement arrogants”. Elle ajoute : “En japonais, on appelle ce genre de prétention gogan“. Les dictionnaires de japonais étant très censurés, le terme “gogan” ne figure dans aucun des deux que je possède, trop vulgaire sans doute. Les Français sont réputés “arrogants” (même mot en anglais), à leur grand étonnement, par presque tous les peuples étrangers. En tant que juge et partie je ne saurais dire exactement pourquoi : il me viendrait à l’esprit bien d’autres qualificatifs, comme je crois mes compatriotes… mais quand on est dans la boîte on ne peut pas savoir à quoi ressemble la boîte. D’ordinaire au Japon les Français (mâles) jouissent d’une très bonne réputation mais un peu sulfureuse à propos du sexe… ce qui n’a rien pour effrayer les Japonaises, bien au contraire ! Messieurs, n’hésitez pas !

    Xanatos
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    Xanatos le #524354

    Arte tome 10

    Arte tome 11

    Arte tomes 10 et 11 de Kei Ohkubo

    Mon dieu quel plaisir délectable de se replonger dans cette merveilleuse série !

    Dans le 10e tome, Arte a pour nouvelle cliente l’aristocrate Irène et doit concevoir un portrait pour celle-ci. Irène demande d’abord à notre héroïne de faire un croquis d’un écureuil, elle le réalise ce qui enthousiasme sa nouvelle cliente, tant elle trouve le dessin beau et réussi !

    En revanche quand elle peint des portraits de Irène, cette dernière n’éprouve que de l’indifférence envers les toiles de notre jeune artiste peintre.

    Dépitée, déçue et triste, elle ne comprend pas: elle a pourtant donné le meilleur d’elle même afin que Irène soit pleinement satisfaite des peintures qu’elle a crée pour elle !

    Elle comprit alors qu’elle ne savait rien du passé de sa cliente et qu’il serait alors pertinent d’en apprendre davantage sur elle afin de pouvoir créer le portrait idéal de la jeune femme.

    Irène accepte à condition que Arte se confie à elle également.

    Quant au volume suivant, comme l’a évoqué Yupa dans sa critique, on retrouve Nanna, cette pauvre femme ayant été lâchement trahie et abandonnée par son ancien époux.

    La vision de l’amour de Irène m’a quelque peu déconcerté, elle est trop idyllique et idéaliste alors que le mari de Nanna est une pourriture et un monstre d’égoïsme.

    En revanche, j’ai été épaté par l’héroïsme dont fit preuve Arte pour sauver la vie de Irène qui faillit être poignardé par un individu mal intentionné !

    Je rejoins aussi les propos de Yupa, Azucena la suivante et “garde du corps” de Irène est un personnage très intéressant. Si elle éprouvait de la méfiance vis à vis de Arte, elle réalisera que la jeune femme n’est aucunement une hypocrite intéressée, mais au contraire une belle personne, bienveillante, attentionnée et passionnée.

    Et j’ai également été ravi d’en avoir appris davantage sur le passé et l’enfance de Arte qui était une petite fille adorable et vraiment craquante quand elle était plus jeune.

    Son père était très chaleureux et attentionné envers elle et la soutenait toujours, tandis que sa mère était beaucoup plus froide et obnubilée par l’étiquette, mais se préoccupait sincèrement du bien être et du futur de sa fille.

    Ce manga demeure toujours aussi excellent, passionnant, magnifiquement dessiné (j’aime la délicatesse du trait de la mangaka, la finesse des décors) et souvent poétique.

    Arte est et demeure mon manga préféré du moment et j’attends avec impatience et ferveur le tome 12 ! 😀

    Lord-Yupa
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    Lord Yupa le #524454

    Les Carnets de l’Apothicaire, tome 1

    Ce beau manga Ki-oon tiré d’un roman décrit l’aventure de Mao Mao, “servante de la cour intérieure”. On n’a pas la précision, mais d’après les noms et le contexte, tout se déroule dans le Palais Impérial chinois, à une époque ancienne. Mao Mao, 17 ans et apprentie d’un vieil apothicaire, a été kidnappée et vendue au palais impérial comme humble domestique ; son salaire est versé à ses ravisseurs, ce qui ne la pousse pas du tout à l’ambition. Toutefois son savoir médicinal va sauver les bébés respectifs des deux concubines principales de l’Empereur (il en a un vaste harem, mais de rang inférieur). Jinshi, haut personnage très beau, très androgyne, la remarque de ce fait, et va lui fournir un vrai statut médical, à la grande joie de l’adolescente. Sa vertu ne risque pas grand-chose, car n’ayant aucune poitrine, maigre avec des taches de rousseur, elle n’est pas belle du tout selon les canons de beauté du temps ; de plus tous les hommes de la “cour intérieure” sévèrement gardée sont des eunuques, et seul l’Empereur ou des princes de sa famille peuvent entrer ; mais Jinshi, ce bellâtre intéressé par Mao Mao, en est-il un, ou bien un eunuque ? Il suit des plans plutôt mystérieux…
    C’est habilement mené et documenté, j’ai très envie de lire la suite. Surtout, l’élégance et la finesse du dessin (de Nekokurage, le scénariste étant Itsuki Nanao) accroche vraiment l’oeil, les robes, les bijoux, les manches immenses qui volent, le minois expressif de Mao Mao : on pense à l’art de Mucha. On ne le dira jamais assez, ce qu’on appelle “art”, recherche du “Beau”, a déserté depuis longtemps nos peintures et sculptures modernes faites de vagues raclures, de débris collés et de caca (parfois au sens propre, façon de parler, comme les 90 boîtes de conserve de “La Merde de l’Artiste” de Piero Manzoni en 1961, dont l’une s’est vendue 275 000 euros !). Cette recherche et ce travail habitent désormais un autre média : la BD, le Comic, le Manga ! Le “vomi empaillé” comme dénonçait Boris Vian y existe aussi, mais bien plus rare !

    Xanatos
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    Xanatos le #524463

    Les Carnets de l'apothicaire

    Pour compléter la critique très intéressante de Yupa, voici l’image très belle de la couverture du tome 1. 😉

     

    Veggie11
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    Veggie11 le #524488

    ”Les Carnets de l’apothicaire” est sur ma wish-list 2021 (une fois que les librairies rouvriront, snif) ^^ Une grosse wish-list par ailleurs, et qui m’inquiète un peu sur comment je vais gérer toutes ces nouvelles sorties. Entre les reprises de Banana Fish et Sidooh, les rééditions de Mermaid Forest, Spirale et Phénix, les sorties de Terra e, Ambassador Magma et le best-off Lupin III, ainsi que de nouvelles séries très prometteuses (Welcome to the ballroom, L’homme qui tua Nobunaga, Olympia Kyklos…), sans parler des séries que je continue de suivre et celles déjà en cours ou finies et que j’aimerais commencer… Heureusement, plusieurs séries vont en compassion se terminer en 2021 : Silver Spoon (enfin !), BL Metamorphose, Perfect World (peut-être)… Il faudra hélas faire aussi des choix. Je me plaignais il y a quelques années que les sorties manga devenaient de moins en moins intéressantes pour moi, maintenant c’est mon portefeuille qui se plaint !

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 3 mois et 1 semaine par Veggie11 Veggie11.
    Lord-Yupa
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    Lord Yupa le #524701

    Celui que j’ai déjà aperçu en Fnac, chère Veggie, c’est L’Homme qui tua Nobunaga , mais je n’ai pas vérifié si c’est une série ou un one-shot. J’avais lu naguère que cet assassinat avait un motif homosexuel, ce qui correspondrait aux moeurs de Nobunaga, qui n’avait pas de descendant direct et dont le règne fut marqué par la seule et forte influence féminine de sa soeur. Il faudrait voir ce qu’il en est dans ce manga (je n’ai pas vu le film de Kurosawa qui interprète aussi cette histoire, “Le Château de l’Araignée”).

    Mince, BL Metamorphose bientôt fini, donc ? Un peu dommage…

    Cyril
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    Cyril le #524734

    La critique de manga-news sur le premier volume (c’est une série terminée en 8 tomes) est positive mais comporte quand même un élément qui me fait fuir :
    “Et d’entrée de jeu, un élément doit être soulevé pour apprécier ce début d’intrigue avec nuance. Kenzaburô Akechi se dit appartenir à la lignée d’Akechi Mitsuhide et cherche alors à sauver l’image de son ancêtre. Une sorte de conflit d’intérêt, presque, ce qui fait redouter une hagiographie à l’image du manga L’Empereur du Japon.”

    En outre, je lis déjà un manga sur le même sujet (qui a des interprétations historiques discutables, mais qui prend la peine d’expliquer pourquoi il les applique). Je ne pense donc pas commencer cette série.

    Lord-Yupa
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    Lord Yupa le #524826

    La critique de manga-news sur le premier volume (c’est une série terminée en 8 tomes) est positive mais comporte quand même un élément qui me fait fuir : “Et d’entrée de jeu, un élément doit être soulevé pour apprécier ce début d’intrigue avec nuance. Kenzaburô Akechi se dit appartenir à la lignée d’Akechi Mitsuhide et cherche alors à sauver l’image de son ancêtre. Une sorte de conflit d’intérêt, presque, ce qui fait redouter une hagiographie à l’image du manga L’Empereur du Japon.” En outre, je lis déjà un manga sur le même sujet (qui a des interprétations historiques discutables, mais qui prend la peine d’expliquer pourquoi il les applique). Je ne pense donc pas commencer cette série.

     

    Oui, Cyril, moi aussi ça me fait plutôt fuir ! S’il s’agit pour l’auteur de dédouaner son ancêtre d’une relation homosexuelle avec Nobunaga, on perd toute objectivité. Et l’on peut sans doute alors comparer à “L’Empereur du Japon”, que j’ai vite lâché en sentant la victimisation de Hirohito dès une première erreur historique au début ! Tant que ses troupes gagnaient, il n’a montré aucun signe de volonté pacifique… Lors de son voyage autour du monde en 1921 /22, il a noué amitié avec le futur Edouard VIII, un peu plus tard un vif admirateur d’Hitler…

    Pour revenir aux Carnets de l’Apothicaire (on devrait plutôt traduire Hitorigoto par “monologues”, les carnets n’existant pas dans cette Chine antique), les empereurs ou rois d’Orient et d’Afrique eurent très longtemps des dizaines voire des centaines de concubines ou esclaves féminines, là où nos monarques européens durent se contenter de quelques favorites non enfermées. Après les Carolingiens, l’Eglise en Occident réussit à protéger les femmes du harem et à interdire de faire des eunuques pour les garder (mais on en créa en Italie pour le chant jusqu’au 18ème siècle). Ceux de Chine n’étaient pas castrés de la même façon que ceux des califes et sultans, il y avait plusieurs méthodes, mais les historiens rechignent un peu à nous préciser les choses… Le terme “harem” ou “haram” est arabe et signifie “sacré, tabou, pas touche”, concernant notamment les femmes, extrêmement isolées dans ce contexte culturel, mais en Chine et en Corée aussi, où elles conservent un statut très inférieur. A noter que jamais le Japon n’enferma ou n’isola les femmes, et aujourd’hui quoi qu’on prétende c’est la Suède de l’Extrême-Orient ! Les “Carnets de l’Apothicaire” nous expliquent que beaucoup des concubines ne seront jamais touchées par l’empereur, et ne sont là qu’en cas d’un besoin de changement ou d’héritier (mâle, ça va de soi) chez lui.

    Cyril
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    Cyril le #524860

    Tiens, je n’avais pas pensé à une éventuelle relation homosexuelle entre Nobunaga et Akechi, d’autant plus que Le chef de Nobunaga n’y fait aucune allusion : pour l’instant, au vingt-cinquième tome du manga, on a plutôt une relation de confiance entre les deux personnages, Akechi ayant déjà dit qu’il était prêt à mourir pour son seigneur et rien, dans ses propos ou ses actes, ne laissant jusque là penser le contraire – je crois que le manga en est à 3 ans avant la mort de Nobunaga.

    En lisant la critique de manga-news, j’ai surtout l’impression qu’il s’agit de laver l’image d’Akechi de l’accusation de trahison

    Lord-Yupa
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    Lord Yupa le #524894

    Oui, Cyril, il faudrait que je retrouve ma référence sur les relations intimes entre Mitsuhide et Oda Nobunaga, pas certaines évidemment comme il se doit. Une chose en revanche est sûre, c’est qu’alors qu’Oda se reposait sans méfiance dans le temple du Honnô-ji à Kyôto, son général Akechi Mitsuhide se retourna brusquement contre lui et l’attaqua. Blessé, Oda se réfugia avec son fils Nobutaka dans le fond du temple incendié et se suicida par seppuku. La trahison de Mitsuhide ne fait donc pas de doute. Toyotomi Hideyoshi, général fidèle et à la tête des troupes d’Oda, chassa alors et tua Mitsuhide, puis continua et réussit l’oeuvre d’unification totale du Japon. (source : Le Japon, dictionnaire et civilisation, éd. Robert Laffont). Oda laisse le souvenir d’un dirigeant très curieux de nouveautés et d’Occident, mais d’une grande cruauté…

    Lord-Yupa
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    Lord Yupa le #524895

    Oui, Cyril, il faudrait que je retrouve ma référence sur les relations intimes entre Mitsuhide et Oda Nobunaga, pas certaines évidemment comme il se doit. Une chose en revanche est sûre, c’est qu’alors qu’Oda se reposait sans méfiance dans le temple du Honnô-ji à Kyôto, son général Akechi Mitsuhide se retourna brusquement contre lui et l’attaqua. Blessé, Oda se réfugia avec son fils Nobutaka dans le fond du temple incendié et se suicida par seppuku. La trahison de Mitsuhide ne fait donc pas de doute. Toyotomi Hideyoshi, général fidèle et à la tête des troupes d’Oda, chassa alors et tua Mitsuhide, puis continua et réussit l’oeuvre d’unification totale du Japon. (source : Le Japon, dictionnaire et civilisation, éd. Robert Laffont). Oda laisse le souvenir d’un dirigeant très curieux de nouveautés et d’Occident, mais d’une grande cruauté…

    Cyril
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    Cyril le #524910

    C’est sur la cruauté du personnage que Le chef de Nobunaga contredit, ou du moins nuance, la version classique en indiquant notamment que le mont Hieï aurait été évacué par les civils avant d’être incendié et en expliquant (tome 7, p. 169) :
    “D’après les dernières recherches historiques sur cette période… Aucune trace d’ossements humains, de sol brûlé ou de vestiges de l’époque Sengoku n’a été retrouvée sur le mont Hiei. Même les écrits du journal du temple Tamon qui décrivent notamment le temple du mont Hiei à cette époque affirment que quasiment personne n’y vivait. Les preuves écrites dans des mémoires selon lesquelles la montagne a brûlé auraient été rédigées sur la base de rumeurs de gens vivant à Kyôto.”

    Lord-Yupa
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    Lord Yupa le #524949

    Oui, Cyril, il se peut que la grande cruauté d’Oda fasse partie des “embellissements dans la noirceur” si fréquents en Histoire depuis les légendes sur Néron. D’un autre côté si ce tout petit nobliau sorti de rien n’avait pas rompu les codes féodaux et su éliminer presque tous ses opposants, il serait resté un minuscule chef local. Sharbett, qui lit également ce manga, y trouve une certaine tendance hagiographique (elle m’a cité les célèbres 3 crânes de son salon d’accueil comme fabriqués en sucre par le héros cuisinier ; or trouver trois vraies têtes coupées n’aurait pas été difficile à un important chef de guerre comme Oda !).

    La Lanterne de Nyx s’est achevé en français chez Glénat avec le tome 6.

    C’est une fin très réussie, et suivie d’une postface explicative de Kan Takahama. On sans la maturité de cette mangaka cultivée. Des éléments tragiques précédents me faisaient craindre la chute dans le mélodrame, mais notre auteure parvient à en désamorcer le plus cruel. Les personnages secondaires se révèlent psychologiquement davantage et avec finesse. On a plaisir à retrouver des sites et des vues de Paris, et Goncourt et ses amis, le choc de leur découverte d’Hokusai et Utamaro… Je regrette un peu les dernières pages, et ne suis pas le seul selon l’aveu de la mangaka. Mais je suis d’accord avec elle : la fin du 19e siècle à partir de 1875 environ était une période de folle créativité technique et artistique, d’enthousiasme vers la découverte, de grands chamboulements, alors que les 20 premières années du 21e se sont révélées “assez ennuyeuses” (écrivait-elle en 2019, mais maintenant on ne s’ennuie plus puisque toute la planète vit un terrible choc pandémique !).

    A lire, manga très riche !

    Lord-Yupa
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    Lord Yupa le #524951

    … Et m…e, “on sent la maturité”… Mais je préfère ne pas risquer la touche “modifier” pour ne pas effacer. Au fait, quand mon ordi reste plusieurs jours en veille, il se met à faire des doublons de mes messages, désolé !!

    Cyril
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    Cyril le #525019

    “Hagiographique” est peut-être un poil exagéré : l’autoritarisme et les accès de violence chez Nobunaga sont bien présents. Mais effectivement, le manga est élogieux sur le personnage et a tendance à lui donner un côté visionnaire (Nobunaga veut rivaliser avec les puissances occidentales par l’artisanat et le commerce international) qui me semblent exagérés.

    J’ai aussi fini la lanterne de Nyx et j’ai beaucoup apprécié cette série, avec des personnages attachants malgré leurs défauts et une ambiance historique très bien rendue, avec des explications intéressantes entre les chapitres. La fin est plus amère mais, compte tenu du lieu où se déroulait l’action au Japon, je comprends que l’auteur ait voulu finir son manga de cette façon.

    Lord-Yupa
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    Lord Yupa le #525081

    Il est en effet logique que Kan Takahama, native des îles Amakusa proches de Nagasaki, y termine l’histoire de La Lanterne de Nyx (pour l’anecdote, j’ai traversé une de ces îles dans un antique autobus, sous une pluie battante, afin d’embarquer pour Kyushu). Ce qui assez amer comme tu dis, c’est de quitter la charmante petite Miyo en route pour un futur dans le Nouveau Monde, et de la retrouver sans transition près de Nagasaki très âgée et mourante, juste avant la bombe ! Argh.

    Dans les pas de Nietzsche, autre manga qui est achevé avec ce volume 3.

    Arisa essaie de saisir le concept existentialiste de Sartre, puisqu’ici il se situe avant sa conversion au communisme et sa consécutive persécution envers Camus (dont nos profs en général se gardent bien de parler, au profit d’un faux amalgame entre les deux). Notre auteure qui, elle, connaît bien le Jean-Paul, ne cache pas son appétit sexuel envers Arisa (17 ans) en présence de sa compagne “le Castor”… Arisa rencontre ensuite Heidegger en personne, qui donne congé à Hanna (Arendt, bien sûr) pour lui expliquer une thèse rejoignant celle de Nietzsche et Sartre : la vie n’ayant pas de sens, c’est à chacun de lui en conférer un. Avec stratégie, ajoute un peu plus tard Schopenhauer. Mais voilà que reparaît Nietzsche, revenant de kermesse de rue complètement bourré, mais soutenu jusqu’à un restaurant par un superbe jeune homme : Karl Jaspers.  Celui-ci, son ami écroulé sur la table, explique à notre jeune néophyte que “seul, l’homme n’est rien”, que l’amour uniquement permet de compenser à peu près cette inéluctable solitude et que la philosophie “nous éclaire sur des choses dont on se doutait déjà un peu”.  Au final, tous les philosophes se rejoignent, avec leurs égéries telle Lou Salomé et le Castor, donnant à Arisa leur ultime message avant de s’évaporer de notre monde. Celui de Nietzsche, qui s’attarde un peu, est l’allégorie du chameau, du lion et de l’enfant, qu’on peut espérer connue, même en France (j’ai des doutes). Arisa n’est pas encore un “surhomme” mais elle en connaît le chemin.

    C’est évidemment un manga très riche en idées, et non seulement son dessin a beaucoup de charme élégant mais le connaisseur de Kyôto (moi par exemple, quatre assez longs séjours) y reconnaît quantité d’endroits ; la partie finale montre la célèbre fête d’O-bon avec les immenses caractères de feu sur la montagne de l’Est, ainsi que les “yuka”, ces terrasses de restaurants sur pilotis surplombant les berges de la Kamogawa.

    Un manga à emporter dans sa valise pour un séjour de réflexion à Kyôto sur le sens de la vie !

    Lord-Yupa
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    Lord Yupa le #525234

    Les Carnets de l’Apothicaire , tome 2, est paru, et les passionnés de la Chine ancienne comme de superbes dessins élégants trouvent ici encore leur bonheur. Mais les moeurs peu ragoûtantes de la Cour Intérieure, et surtout des empereurs de Chine, nous sont dévoilées quoique indirectement. Ainsi, une des quatre concubines de l’empereur régnant, Linshu, l’était déjà de l’ancien empereur décédé quand elle avait… neuf ans, apprend Mao Mao ! Cinq ans plus tard, donc à quatorze ans, elle l’est à nouveau de l’empereur fils. Le manga le montre, l’empereur a absolument tous les droits. Malgré leurs beaux falbalas, les femmes du harem vivent une existence constamment menacée par la disgrâce, la maladie, les accouchements, le poison des concurrentes, sans parler des obligations très pénibles d’un rituel impitoyable tel le “grand banquet en plein air” semestriel où la jeune Mao Mao croit mourir de froid et d’ennui. Elle a bien de la veine de ne pas encore s’être fait schtroumpfer par Jinshi qui s’intéresse à elle, ou par le simple soldat qui vient la draguer, car il est bien évident que les femmes avec un peu d’attrait n’ont aucune chance d’échapper au viol dans ce système, si haut placées qu’elles soient. Mais rappelons-nous qu’avant les environs de 1900 il en était de même en Occident, et que la notion pénale de “viol” n’existait même pas, quel que soit l’âge de la fille. C’étaient des “obscénités” si trop peu caché, et basta !

     

    Lord-Yupa
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    Lord Yupa le #525419

    Goodbye my Rose Garden, volume 3 et fin du récit.

    La jolie lady Alice et la mignonne et japonaise soubrette Hanako se sont avoué leur amour. En effet c’est un yuri (en japonais il s’agit aussi de la fleur “lys”, mais dans ce manga il s’agit plutôt des roses comme métaphore de l’amour, lequel reste des plus pudiques). Le peu sympathique Edward a tout compris et ourdit un piège machiavélique envers nos deux tourterelles ! Mais tout finit bien pour elles, et elles sont si gracieuses et nobles de sentiment qu’on en est très content. Un couple du même bord les soutient à Hastings, Suzanne et Marie, mais elles leur révèlent qu’en tant que simples  plébéiennes, elles vivent bien plus tranquillement leur relation que la pauvre noble Alice : note assez réaliste à l’époque. Les dessins, robes, silhouettes, visages aux grands yeux embués de larmes ont beaucoup d’élégance, et les décors et détails british beaucoup de classe. Si Alfons Mucha pouvait voir ce manga, et Les Carnets de l’Apothicaire, il se sentirait consolé de l’évolution qu’on appelle “art contemporain”.

    Veggie11
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    Veggie11 le #525445

    Hum Les Carnets de l’Apothicaire… (Hum de délice comme quand je déguste du mille-feuilles) J’en ai déjà touché un mot dans mes dernières lectures favorites, mais quel titre ! Il y a bien longtemps que je n’étais tombée sur une nouveauté qui me fais saliver à chaque tome, au moins depuis la fin de Ken’en chez Doki Doki. Je suis comblée, car outre Les Carnets… ce sont 2 autres titres en cours qui actuellement ont raison de ma patience. Et je sens que ce n’est pas terminé… Concernant Les Carnets…, j’aime particulièrement la relation qui commence à se nouer entre Mao Mao et Jishin, à mon avis ce n’est pas de la simple drague et ça pourrait très bien aller plus loin. Après tout, c’est le seul qui s’inquiète pour elle lorsque Mao découvre que la soupe est empoisonnée et doit s’absenter.

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