Les manga culturels

20 sujets de 281 à 300 (sur un total de 306)

Posté dans : Manga & BD

  • Lord-Yupa
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    Lord Yupa le #525471

    Oui, tu as raison chère Veggie, l’intérêt de Jishin pour Mao Mao paraît plus noble qu’une simple libido, et le personnage a du mystère (bien qu’on devine aisément son identité réelle). Comme je l’ai dit, le terme moderne de “Carnets” dans le titre me gêne un peu, mais à part cela, j’aime beaucoup ce très fascinant manga ! Si j’arrivais à me passionner pour les animaux, même métaphoriques des humains, j’aurais lu Ken’en sur tes conseils, et aussi Beastars, mais pour moi ça passe mieux en animé (Zootopia, formidable !), je ne sais pas pourquoi.

    L’Oxalis et l’Or, le volume 3 vient de paraître chez Glénat. C’est le cas de le dire, ça tient la route ! Je craignais la chute dans le mélodrame, mais non. Les vaillants Amelia et Conor connaissent une pause de relatif confort à Baltimore. Ils y découvrent le maïs, plante américaine inconnue alors des Irlandais, tout comme la parade et les festivités de la Saint-Patrick inventées aux Etats-Unis par leurs compatriotes immigrés (et non en Irlande) dans le seul but de conférer du poids, nous dirions aujourd’hui médiatique, à leur minorité. Ce point entre autres prouve les recherches pointues de l’auteur sur l’Amérique trop ignorée de 1840 / 1850, moi-même j’en apprends pas mal. De plus l’auteur brille par ses analyses psychologiques. Le seul point un peu faible de sa part est une certaine sous-estimation de la pression religieuse dans ce pays qui ne connut rien des “Lumières” européennes du 18eme siècle. Les  Japonais ont tout de même un peu de mal à imaginer cette pression, totalement absente chez eux (on a même pu les estimer “athées”). Un curieux peintre de paysages, armé de revolvers Colt, apparaît. Bien vu : à l’époque, les foules de l’Est ignoraient encore tout de l’immense espace de l’Oest et ce créneau était très porteur pour les artistes américains (Caleb Williams, Catlin, Remington…).

    La suite !

    Veggie11
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    Veggie11 le #525535

    Yûkoku no Moriarty (ou Moriarty en VF)

    Le manga du mois : Moriarty, le conseil de Luccass TV - Conseils d'experts Fnac

    Pas forcément un manga ”culturel”, mais vu qu’il s’agit d’un titre adaptant un classique de la littérature occidentale et qu’il se déroule dans un cadre ”historique”, j’ai décidé d’en parler ici.

    Issu du Jump SQ, un magazine à tendance shônen (mais pour un public un poil plus âgé que celui du Weekly Shônen Jump malgré tout, il s’agit ni plus ni moins d’une réadaptation ou réactualisation plutôt du Sherlock Holmes d’Arthur Conan Doyle, centré sur l’ennemi principal du célèbre détective : James Moriarty. Les différents protagonistes des romans sont bien présents, mais sous les traits de jeunes hommes autour de la vingtaine (Moriarty a 22 ans et Sherlock doit être dans la même tranche d’âge). Moriarty est ici un ancien vagabond orphelin qui a usurpé l’identité d’un fils cadet d’une famille aristocrate et qui collabore avec son véritable frère biologique Louis et l’héritier des Moriarty, Albert, dans le but de ”changer la société britannique de l’époque et abolir le système des privilèges”. En gros : s’attaquer aux nobles pourris et abusant de leur pouvoir pour asservir la population.

    Oui le manga a un petit côté Death Note dans son principe avec un génie qui décide de changer le monde en se débarrassant des criminels et qui est confronté à un détective excentrique. C’est l’autre principale différence avec les romans de Conan Doyle : notre Sherlock est toujours du côté de la justice, mais il s’éloigne complètement de son modèle habituellement austère et asocial et son caractère plutôt ”cool” et déjanté s’oppose évidemment à celui plus froid et méthodique de Moriarty. Et honnêtement, je préfère même ce Sherlock à Moriarty, qui rappelle vraiment beaucoup (trop) Light Yagami, l’aspect psychotique en moins (heureusement), là où Holmes est quand même différent de L.

    Le scénariste renouvelle complètement l’approche de l’œuvre de Conan, mais il la connaît très bien et s’inspire de plusieurs romans et nouvelles bien connues pour en tirer sa propre version, allant dans le sens du combat idéologique de Moriarty. Une sorte de lutte des classes à la sauce shônen dont on peut reprocher un certain manichéisme, même si le scénariste montre également des nobles parfaitement humains et à l’inverse des gens du peuple pas forcément recommandables. Le Londres des années 1880 quant à lui est assez bien retranscrit avec quelques points culturels intéressants (notamment concernant les armes ou la vie quotidienne en générale). Hikaru Miyoshi (Psycho-pass Inspecteur Akane Tsunemori) offre de son côté un dessin moderne très lisible et dynamique, parfaitement raccord avec le scénario.

    Moriarty est une petite curiosité dans les shônen actuellement édités en français, avec un contexte très réaliste et historique et une réactualisation des romans de Conan Doyle qui prouve que le célèbre détective reste encore d’actualité malgré ses 134 ans. Je ne dis pas qu’il s’agit d’un incontournable, de plus le parti-pris du scénariste de faire des différents protagonistes imaginés par l’écrivain des jeunes hommes en mode bishônen déplaira forcément à certains, mais si vous cherchez du Sherlock Holmes moderne et plutôt divertissant, vous avez frappé à la bonne porte : on devient rapidement accro (et non à la cocaïne !).

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 5 mois et 3 semaines par Veggie11 Veggie11.
    Cyril
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    Cyril le #525584

    J’aime bien Moriarty également. Non sans certaines réserves : un manichéisme trop présent, même si, comme tu le dis, il y a des exceptions ; des histoires qui sont surtout intéressantes quand Holmes est là, alors que Moriarty est censé être le héros ou l’anti-héros de ce manga ; et une théorie du complot bof-bof sur les origines de la révolution française (mais on est dans une fiction, sans prétention à la vérité historique).

    Mais dans l’ensemble, la lecture est très plaisante grâce aux plans intelligents du consultant du crime, à ses confrontations avec Sherlock Holmes, à un humour toujours présent et à de nombreuses références à d’autres éléments de la culture anglaise (cf l’identité secrète d’Irène Adler).

    La deuxième saison de l’animé commencera ce mois-ci et sera disponible sur wakanim.

    Xanatos
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    Xanatos le #525761

    Arte tome 12

    Arte tome 12

    Et revoici notre chère Arte qui fait son grand retour ! 😀

    ATTENTION SPOILERS

    Nous reprenons là où nous nous sommes arrêtés à la fin du volume 11: Irène sur le point de révéler son passer à notre jeune artiste peintre.

    Irène relate alors son passé et évoque d’abord la manière dont se sont rencontrés ses parents, et, si sa mère est tombée immédiatement amoureuse de son père, ce dernier s’avéra être un incorrigible coureur de jupons plongeant son épouse dans un courroux incommensurable ! Mais en dépit du fait que son époux l’ait souvent trompé, elle demeura perpétuellement amoureuse de lui.

    On apprend alors que le père de Irène décéda avant sa naissance, plongeant sa mère dans un chagrin infini.

    Elle ne put sortir de son domicile pendant près de 15 ans, son univers se limitant à sa chambre et celle de sa mère. Il fallut attendre que son frère la fasse “s’évader” afin qu’elle puisse découvrir le monde extérieur.

    Arte se rendit compte avec stupeur qu’en dépit du fait que Irène fut restée si longtemps enfermée dans sa “prison dorée”, elle n’est pas devenue malheureuse ou amère pour autant… juste un peu lasse d’avoir vécu dans un univers si étriqué pendant une si longue période… Mais elle conserva un caractère fort.

    Ces révélations permirent donc à notre héroïne de réaliser un portrait digne de ce nom de sa cliente, reflétant le caractère déterminé, fort et passionné de celle-ci… Et cette toile combla Irène, éblouie par la magnificence de cette peinture et heureuse que Arte l’ait si bien cerné.

    Plus tard dans le récit, Léo propose à Arte d’assister à une dissection mais lui dit qu’elle est libre de refuser. Et, comme de bien entendu avec notre chère Arte, elle accepta d’aller voir cette dissection avec enthousiasme ! 🙂

    J’ai d’ailleurs été tellement content pour elle quand Léo lui déclara ouvertement qu’il la considère comme une artiste à part entière !

    Elle s’accoutra cependant comme un homme afin de ne pas susciter de médisance chez des peintres à l’esprit étroit et mal avisé.

    J’avais un peu étudié l’histoire de le Renaissance quand j’étais écolier et collégien, et, il me semble en effet qu’à cette époque, bien des artistes peintres observaient des dissections afin de pouvoir réaliser ensuite des peintures qui soient le plus réalistes possibles et proches de l’anatomie humaine.

    D’ailleurs, lors de ce passage clé du volume 12, un individu a tenu des propos irrespectueux sur Arte, ce qui irrita Léo qui prit alors la défense de son apprentie!

    Irène a aussi insisté auprès de Arte pour qu’elle déclare enfin sa flamme à Léo, mais, bien qu’elle reconnaisse qu’elle aime son maître de tout son coeur, il semblerait à priori que leur relation actuelle lui convienne tout à fait bien.

    Encore un volume passionnant et dynamique menée avec brio par Kei Ohkubo dont le trait ne cesse de s’affiner et de s’embellir pour notre plus grande joie et le récit demeure toujours aussi exaltant ! 😀

    Il faudra d’ailleurs que je me renseigne au sujet des parents de Irène, car, à priori, si ceux-ci ont réellement existé, la manière dont ils sont dépeints ne correspondrait peut être pas tout à fait à la réalité historique…

    Mais je pense que Yupa et/ou Cyril érudits de l’Histoire sauront nous éclairer la lanterne à ce sujet 😉 .

    En bref, encore un excellent cru de notre adorable artiste peintre ! 😀

     

    Lord-Yupa
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    Lord Yupa le #525783

    Arte tome 12

     

    Comme toi Xanatos, je trouve que l’intérêt de ce beau manga (et de mieux en mieux dessiné en effet) ne se dément pas, car Kei Ohkubo nous campe une Arte courageuse, sensible, gracieuse à souhait, prise dans une tentative ardue d’exister au même rang que les grands artistes de la Renaissance !

    Pourtant, fidèle à ma réputation de pédant historien qui trouve du poil aux oeufs, je vais pinailler quelque peu envers la mangaka. Ici on apprend que Léonard de Vinci est décédé, donc nous sommes après 1519, pour être précis en 1520 puisque Catarina / Irene fait allusion à une révolte qui éclate en son pays. Son frère Charles en effet vient d’être élu empereur du Saint-Empire Germanique, et sa mère Jeanne “la Folle” était régente de Castille pour lui. Il arrive en 1519, mais l’Aragon, seulement abstraitement en lien avec la Castille, se révolte contre lui, ce sont les “communeros” (1519 / 1522). Le jeune Charles, devenu Charles Quint de Habsbourg, réussit à les calmer 3 ans plus tard et dans la foulée à réunir vraiment Castille et Aragon en “Espagne” dont il est roi. En 1527 à Florence, les Médicis sont expulsés par une République (applaudie par Michel-Ange, frappé d’amnésie puisqu’il devait tout à cette famille, mais bon). En 1530 Charles Quint  mécontent s’empare de Florence. Où en sera Arte alors ? Ce qui est bizarre, c’est le plan du cardinal Silvio, qui se moque de peinture et veut Arte comme espionne de Catarina de Castille. On ne voit pas ce que cela peut lui apporter, en 1520, alors que comme tous les cardinaux sa seule ambition devrait être le trône papal à Rome…

    Dame Irene / Catarina continue à exhorter Arte d’avouer et vivre son amour pour Leo, avec des arguments qui mélangent complètement l’amour filial et l’amour sexuel, qui n’est pourtant pas la même chose ! Or une princesse comme elle ne peut ignorer qu’une aristocrate telle Arte ne peut coucher avec un peintre plébéien, sous peine de déchéance absolue (au mieux, enfermement pour toujours dans un couvent). Et Arte devrait en être encore plus consciente, et s’interdire totalement de fantasmer sur Leo ! Mon explication est que Kei Ohkubo, mariée et très contente de cela d’après ses postfaces où elle nous montre invariablement son mari, n’a pas pu s’empêcher de faire de sa jolie héroïne une midinette romantique éblouie par la sombre et taciturne virilité de Leo. Un personnage assez intéressant et attrayant par ailleurs, je le reconnais. Mais c’est aller droit dans le mur à cette époque !

    Si Azucena au total et très jaloux dévouement pour Catarina ose la critiquer pour ses encouragements (en effet absurdes) aux aveux amoureux d’Arte, c’est pour lui révéler qu'”il y a des amours inavouables” : le sien pour sa maîtresse, on le comprend tout de suite. Belle scène !

    La séance de dissection est aussi une excellente scène, qui prouve la passion et la force d’âme d’Arte, là où un apprenti masculin tombe en pâmoison. Pourquoi l’Eglise interdisait-elle la dissection humaine (et la crémation) ? Parce qu’au Jugement Dernier, les morts étaient censés sortir de terre à l’état de squelettes, et leurs chairs miraculeusement restituées pourvu de s’être décomposées “naturellement”, selon la volonté de Dieu. On brûlait les sorcières et les hérétiques pour leur interdire de ressusciter : double peine ! Au fil du temps, à force de ratés sur l’arrivée demain du Jugement Dernier, l’Eglise a bien été obligée de mettre une sourdine sur ce dogme et de laisser bosser les médecins.

    Veggie11
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    Veggie11 le #525784

    Ce qui explique d’ailleurs pourquoi les dissections étaient essentiellement réalisées sur des cadavres de condamnés à mort.

    Lord-Yupa
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    Lord Yupa le #525787

    Toutafè, chère Veggie !

    Oublié de préciser que Catarina de Castille, née en 1507, n’avait que 13 ans en 1520 ! Et que rien dans sa bio n’indique un séjour à Florence… Il semble d’après sa postface que c’est juste un truc de fiction de Kei Ohkubo pour envoyer Arte en Castille au volume 13 à venir (et lui faire rencontrer Charles Quint ?). Catarina épousera le roi de Portugal, en sera la régente à la mort de son mari (même destin que sa mère !) et mourra à 71 ans, bel âge pour l’époque. En 1519, notre François Ier tenta d’être élu empereur du Saint-Empire, car le titre était décerné par vote des Grands Electeurs, mais il fut blackboulé, et ensuite le vote tomba systématiquement sur un Habsbourg.

    C’est vraiment du pinaillage de ma part, mais sur la couverture où l’on voit Arte sourire tout en laissant voltiger à terre ses croquis elle devrait plutôt faire une tête effarée : au prix du rare papier à l’époque ! Et dans la gadoue des rues de l’époque !!

    Ce qui ne m’empêche pas d’applaudir vivement ce manga au magnifique sujet, inspiré de loin par la carrière extraordinaire d’Artemisia Gentileschi, un siècle plus tard.

    Lord-Yupa
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    Lord Yupa le #526186

    Olympia Kyklos : étonnant tome 1 pour ce manga de Mari Yamazaki, grande fan de l’antiquité gréco-romaine ! Bon, c’est un peu répétitif après Thermae Romae : ici, le beau et sculptural Démétrios, peintre grec sur céramique du 4e siècle avant J.-C., se voit projeté par la foudre dans le Japon de 1964. Toute lumière aveuglante le ramène ensuite à son époque avec des idées neuves qui l’ont fasciné. Jusqu’au prochain “coup de foudre” ! Il a une excellent potentiel athlétique, espoir de sa petite cité pour les Jeux Olympiques, mais voilà, il n’aime que son art et même déteste les épreuves sportives, où il ne voit que métaphore de la guerre et compétition des plus féroces : aussi est-il traité à 3 reprises d'”herbivore”, japonisme linguistique anachronique il faut bien le dire… Au Japon, les femmes en particulier divisent les hommes en “carnivores”, férus de leur propre virilité, tombeurs, machos, et “herbivores”, timides avec les femmes, doux et de goûts peu typiques de la masculinité. Bien sûr, nombreuses sont celles qui préfèrent de loin les carnivores… Or Démétrios est amoureux coincé de la belle Apollonia et n’ose se déclarer. En 1964, notre jeune apprenti peintre découvre un monde stupéfiant en pleine préparation des JO à Tokyo, et aussi le côté purement ludique des kermesses sportives alors que dans sa Grèce antique tout gagnant couvre de gloire sa cité et tout perdant sombre dans la honte.
    La postface de l’autrice est remarquable d’intelligence. Je dirais même que j’ai rarement lu quelqu’un, en dehors de Montherlant, ayant réellement réfléchi sur la passion engendrée par le sport et par son spectacle, mise à part la banale idée de substitution  pacifique aux guerres nationales. “Pourquoi aimons-nous le sport ? Pourquoi le spectacle d’un athlète repoussant les limites de son corps nous fascine t-il et nous tire t-il même parfois des larmes ?” se demande Mari Yamazaki. Et elle nous confie qu’avant le collège, fille grande et très forte, elle a subi une pression considérable pour faire triompher sa classe de primaire, mais n’aimait pas du tout le sport, qu’elle a abandonné ensuite. Pourtant Démétrios lui, commence à comprendre…

    Un manga qui a du fond !

    Il me fait penser à un roman célèbre de Sprague de Camp, “De peur que les ténèbres” : en 1941, un Américain vient visiter Rome, son pays pas encore en guerre contre Mussolini. Devant le Panthéon, la foudre lui tombe dessus. Il chute de 50 centimètres et se retrouve… toujours au même endroit mais en l’an 535. C’est le règne d’Amalasonthe, fille de Théodoric, reine des Ostrogoths, et il le sait, bientôt les armées de Justinien vont attaquer et lancer une guerre qui éradiquera les derniers vestiges de la civilisation romaine en Italie… Il va tenter de changer l’Histoire.

    Veggie11
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    Veggie11 le #526196

    Les Carnets de l'Apothicaire – Tout savoir sur les produits Les Carnets de l 'Apothicaire avec la Fnac

    3e tome des aventures de Mao Mao, toujours aussi préoccupée par les affaires d’empoisonnement et dégoûtée par les moeurs dissolus et les complots ourdis au sein de la Cour impériale. Dans ce tome, on découvre un peu plus sur son ancien environnement dans le quartier des plaisirs, où nombre de situations sordides y ont également lieu (tentatives d’assassinat, suicides…), et l’on fait connaissance avec son père, également apothicaire. Bref les thèmes évoqués sont sombres et la tension toujours à son comble. Pourtant, grâce à son humour, ces ”Carnets” laissent le lecteur dans un état très détendu et serein après la dernière page. Voilà longtemps que je n’avais pas lu un titre mettant en avant des thèmes graves et sérieux sans tomber dans un sentiment de déprime tout en ne prenant pas ces situations à la légère. Concernant les relations entre Mao Mao et Jishin (qui apparaît un peu moins ici), nul doute que ça va aller crescendo, ce dernier commençant à éprouver une forme de jalousie dès qu’il est question que Mao Mao se retrouve en compagnie d’un autre homme ^^

    Lord-Yupa
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    Lord Yupa le #526257

    Je viens de le lire, chère Veggie, et suis d’avis analogue au tien, mais un peu mitigé quand même. Le dessin de Nekokurage est toujours aussi mimi sur Mao Mao et autres gamines (sans oublier son propre autoportrait !) et d’une grande élégance fluide sur les robes à la chinoise et les bijoux. Le scénario développe plus en profondeur les rites et règlements très complexes de la Cité Impériale, non sans quelques points faibles comme le mélange de naïveté totale et de lucidité sur le sexe chez Mao Mao. Et le lecteur devine aisément l’identité réelle de Jinshi : pas elle ! Points forts en revanche : le côté “enquête policière” et “affaire des poisons”, terrain où brille notre héroïne, ainsi que les côtés humoristiques comme tu le signales Veggie. Ceci dit, faut aimer les “chinoiseries” d’intrigues sournoises et de jalousies, ce qui n’est pas mon cas… Je ne suis pas sûr de continuer la série.

    Veggie11
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    Veggie11 le #526261

    Je réfléchis à l’identité de Jinshi… et je ne vois vraiment pas pour le moment, on manque terriblement d’informations sur lui (visiblement c’est un administrateur, mais serait-ce une simple couverture ? difficile à dire, je ne veux absolument pas m’avancer). Le côté ”Chine en tant que décor” ne me dérange pas du tout, déjà parce que je connais peu son Histoire et sa culture, c’est donc l’occasion d’en savoir un peu plus sur les mœurs et la vie quotidienne. De plus, je suis actuellement sur Netflix la série animée chinoise ”Heaven Official’s Blessing”, une sorte de BL à la sauce fantastique qui se passe également dans un univers d’influence chinoise à une époque ancienne et l’esthétique me fait d’ailleurs pas mal penser aux ”Carnets”. Ma foi, je suis prête à être la seule à continuer de parler du manga sur le forum, ce n’est pas grave. En tout cas je suis très emballée pour la suite.

    Lord-Yupa
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    Lord Yupa le #526267

    Ben voyons, chère Veggie, il est question dans les précédents volumes du “mystérieux jeune frère de l’empereur”, invisible derrière un rideau pendant la grande cérémonie frisquette en plein air et jamais aperçu ! Jinshi a ses entrées chez les concubines, or seuls les eunuques ET les membres de la famille impériale peuvent y entrer ! Comment un eunuque pourrait-il être malade de jalousie à l’idée que Mao Mao a schtroumpfé avec le soldat lors de sa sortie, à sa place ?? Que la jeune apothicaire continue à le croire eunuque malgré son courroux et sa position manifestement très élevée est bien naïf. J’aime tellement les dessins et la reconstitution de la cour des Ming (ou Tsing) que je vais sans doute continuer la série, mais ça m’ennuierait que ça tourne en love story Jin Shi – Mao Mao avec jalousies et quiproquos constants sur zizi ou pas zizi… Ce n’est qu’alors que je me poserais la question.

    Si tu aimes la Chine ancienne, très appréciée pour son exotisme par certaines mangaka, je te recommande les mangas Delcourt adaptés de Natsuki Sumeragi, formidable dessinatrice et scénariste !

    Veggie11
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    Veggie11 le #526415

    Cher Yupa, désolée d’avoir mis un peu de temps à répondre à ton dernier post. Il se trouve que cette semaine, j’ai relu les 3 premiers tomes sortis des ”Carnets” de manière plus détaillée pour mieux appréhender cette histoire de Jinshi = potentiel jeune frère de l’Empereur. Il y a effectivement des indices qui le présupposent : déjà son absence du côté des administrateurs de la Cour lors de la cérémonie en plein air et aussi des remarques de la part de son bras droit, qui le considère comme un homme trop protégé durant sa jeunesse… tout laisse supposer qu’il n’est finalement pas un simple administrateur. Je me suis renseignée un peu sur le Wikipedia japonais et il semble qu’au tome 8 (le dernier sorti au Japon), son identité n’est toujours pas clairement établie. On verra bien pour la suite, en tout cas cette relation Jinshi – Mao Mao m’amuse beaucoup et s’il y a bien un seul point qui me gênerait, ce serait, comme toi, que ça devienne un running gag ”Zizi ou pas Zizi ?”. Après si effectivement Jinshi est de très noble ascendance, ça me serait égal. Si finalement on découvre que c’est ce fameux petit frère caché, ça ne me gênerait pas. Si on découvre autre chose, ça ne me gênerait pas non plus et j’apprécierai que les auteurs nous aient mis sur une fausse piste avant de rapporter tout autre chose.

    Lord-Yupa
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    Lord Yupa le #526816

    Arte 13 ! Enfin !

    Ici un drame se joue, frappant la pauvre Arte ! L’inattendu est bien amené, même si à nouveau Kei Ohkubo se fourvoie sur le pouvoir de Monseigneur Silvio, disant “Il me semble qu’elle était noble avant” et suggérant qu’elle n’est plus “qu’une artiste d’un petit atelier”. En Occident un(e) noble le restait toute sa vie, car c’est une qualité purement héréditaire qu’on ne peut pas perdre. Quant à être emprisonné(e) ou exécuté(e) cela ne pouvait arriver que par le bon vouloir du roi, ou de la reine régnante (Elizabeth Iére par exemple), et jamais pour avoir perdu sa fortune ou même escroqué quelqu’un. Non seulement l’accusation du cardinal est insignifiante, mais il n’a aucun pouvoir sur la République de Florence et ses prisons : la justice d’Eglise, elle (l’Inquisition) ne sévirait que s’il déclarait Arte hérétique, avec témoins. Inversement d’ailleurs il n’a pas à trembler comme il le fait devant Catarina, soeur de l’empereur Charles Quint, car celui-ci ne peut rien contre le Pape et ses cardinaux. En somme notre mangaka fait l’erreur de croire la justice du 16e siècle complètement arbitraire. En réalité elle était parfaitement organisée, hiérarchisée, compartimentée depuis le haut Moyen-Age, quoique féroce. C’est la Révolution qui a fait sauter tous les garde-fous en France, à long terme (de plus la France est le seul pays d’Europe qui a supprimé la noblesse du statut des personnes, même si ailleurs cela ne leur confère aucun droit spécial). L’idée de menacer Arte de torture pimente cependant le récit, et vient sans doute à Ohkubo d’une référence à Artemisia Gentileschi, laquelle y fut soumise, les mains torturées, pour “vérifier” qu’elle ne mentait pas en accusant de viol un peintre reconnu par la Guilde ; mais elle n’était pas noble !

    Azucena prend une superbe stature dans ce volume, et pourtant elle a de quoi jalouser Arte, puisqu’elle ressent un amour “qu’on ne peut avouer” pour sa maîtresse Catarina. Il semble qu’Arte ne pourra jamais revoir Léo. Tant mieux, je préfère la garder pour moi !

    Xanatos
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    Xanatos le #526817

    Arte tome 13

    Arte tome 13

    Comme tu le dis mon cher Yupa, il s’agit là d’un tome résolument dramatique pour notre pauvre Arte !

    Notre héroïne est injustement jetée en prison sans aucune autre forme de procès et on l’accuse d’avoir demandé d’être payé davantage que son salaire initial d’artiste peintre !

    Léo est très affecté par le fait que son apprentie ait été jetée en prison et dame Irène mettra tout en oeuvre pour la faire sortir de là !

    J’ai trouvé le volume passionnant, haletant, et on se demande vraiment comment notre chère Arte sortira du guêpier dans lequel elle se trouve;

    En tout cas merci à toi Yupa d’avoir apporté des éclaircissements au sujet de la justice en Italie à l’époque de la Renaissance: je me doutais bien que l’on ne pouvait pas jeter en prison une artiste peintre pour une accusation aussi fallacieuse et sans preuve concrète !

    Le trait de Kei Ohkubo est toujours aussi sublime et j’ai été subjugué par cette case où Léo s’apprêtait à caresser la tête de son apprentie et a été complètement troublée par sa beauté sidérante. C’est comme si il avait réalisé qu’elle n’était plus une adolescente, mais une femme magnifique et épanouie… Okhubo la rendait même sensuelle le temps de cette case.

    Azucena est vraiment classe et impressionnante dans ce volume, elle est déterminée à respecter la volonté de dame Irène et à sauver Arte. Et, oui, tu as raison, on se rend compte en effet qu’elle est bel et bien amoureuse de Irène/Catarina mais qu’il s’agit là d’un “amour inavouable”.

    J’espère que le volume suivant sera plus heureux pour notre chère Arte, je n’aime pas la voir triste comme ça ! 🙁

    Mais bon, cela n’enlève rien au fait que j’ai trouvé ce treizième tome très bon 😉 .

    Vivement la suite ! 😀

     

    Veggie11
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    Veggie11 le #527682

    J’ai commencé Arte au début du mois chez l’éditeur allemand Carlsen Verlag, qui a édité pour le moment les 10 premiers tomes. Je pense que je repasserai prochainement pour donner un avis une fois que j’aurais déjà lu les 2 premiers !

    Pline, le manga historique de Mari Yamazaki, semble s’être terminé au Japon avec son 12e volume (le tome 10 en français est prévu pour le mois de septembre). Il semble que Yamazaki privilégie désormais Olympia Kyklos.

    Lord-Yupa
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    Lord Yupa le #527687

    Ah, chère Veggie, je pense que tu aimeras bien Arte, qui a de TRES grandes qualités malgré mes petits pinaillages de professionnel de l’Histoire, sur des détails de faible importance.

    Je dois avouer que j’ai largué Pline du côté de l’Egypte (un peu trop de “magie”), bien que la personnalité de Néron y soit bien creusée. Les historiens tendent comme notre mangaka à le réhabiliter en partie, aux dépens de cette crapule de Tigellin. Mais elle le montre aussi redoutablement imprévisible, mégalomane, capable de tout…

    Lord-Yupa
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    Lord Yupa le #528074

    J’avoue avoir laissé tomber Les Carnets de l’Apothicaire, le volume 4 un peu feuilleté m’a semblé s’éterniser dans le marivaudage entre l'”énigmatique” Jinshi et Mao Mao, ce qui me met mal à l’aise vu l’allure très puérile de cette dernière. Au fond, ça ne tient pas la route.

    Je vais sans doute me tourner vers Olympia Kyklos, sur les conseils de Sharbett, le premier tome marie aussi bien que Thermae Romae l’Histoire antique et l’humour !

    Là j’attaque le tome 4 de L’Oxalys et l’or. Amelia et Conor auraient pu croiser Edgar Allan Poe en train de mourir éthylique à Baltimore quand ils y sont (en mars 1849, nous dit l’auteur). Le peintre Isaiah est intéressant, comme je l’ai dit, en revanche à cette date il ne peut posséder ce modèle très moderne de pistolet Colt, créé en 1873 ! (lire Lucky Luke, le Far-West du crime et de la justice, qui vient de paraître, excellente étude très détaillée et illustrée du contexte de notre cow-boy).

    Veggie11
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    Veggie11 le #528086

    Pas grave, je continuerai ”Les Carnets de l’Apothicaire” seule comme pour Silver Spoon 😀 J’ai d’ailleurs hâte de lire le prochain tome à la fin du mois !

    Mon nouveau manga culturel s’appelle ”Le Rakugo à la vie à la mort” et il s’agit bien du manga original de l’anime ”Le Rakugo ou la vie” diffusé sur ADN. Un très chouette premier tome, bien qu’un peu difficile à suivre au départ vu tous le lexique lié au Rakugo, mais fort intéressant.

    Lord-Yupa
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    Lord Yupa le #528156

    Pas grave, je continuerai ”Les Carnets de l’Apothicaire” seule comme pour Silver Spoon 😀 J’ai d’ailleurs hâte de lire le prochain tome à la fin du mois ! Mon nouveau manga culturel s’appelle ”Le Rakugo à la vie à la mort” et il s’agit bien du manga original de l’anime ”Le Rakugo ou la vie” diffusé sur ADN. Un très chouette premier tome, bien qu’un peu difficile à suivre au départ vu tous le lexique lié au Rakugo, mais fort intéressant.

     

    Chère Veggie, n’attend plus : le tome 5 des Carnets de l’Apothicaire est déjà sorti en France (et en Suisse francophone, je suppose). Ce qui prouve que le manga roule bien. De fait il a des qualités remarquables, et tu as raison de poursuivre l’aventure, mais là encore pour moi on s’occupe bien trop des amours de Jinshi et de sa fixation sur une quasi-enfant comme Mao Mao. Il est vrai que l’empereur (son probable grand-père, puis son père) se tapait une concubine d’âge puéril… Pour l’anecdote, il y a deux sortes d’eunuques : soit on laisse la verge et un sphincter en ne coupant que les bijoux de famille, soit on arase tout. Il paraît que c’était le cas chinois (mais non pas celui des castrats chanteurs italiens jusqu’au 18 e siècle), or ce cas rend le gaillard incontinent, et il paraît que les eunuques pékinois portaient des sortes de barboteuses. Dommage que notre mangaka ne nous donne pas de détails sur les 3 méthodes avérées : rasoir, sécateur ou marteau…

    Houlà, le rakugo, ça doit être difficile à traduire !!

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