Les manga culturels

14 sujets de 301 à 314 (sur un total de 314)

Posté dans : Manga & BD

  • Sharbettt
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    Sharbettt le #528176

    Aaaaaah, quel bonheur ! Je tiens enfin dans mes mains délicates le premier tome du Tigre des neiges ! Je vais bien m’amuser !

    Bon, la première page n’est pas terrible… t’inquiète Sharbettt ! Ca va aller mieux après.

    (Quelques pages plus tard) OK, maintenant on est après et ça va pas mieux.

    Le Tigre des neiges ! Ce manga raconte l’histoire du seigneur Kenshin.

    L’autrice choisit d’inventer et de raconter l’histoire du célèbre chef de guerre en choisissant un angle original : Kenshin aurait été une femme ! Tan-taaaan !

    Le dessin est élégant, gracieux, j’aime beaucoup comment la mangaka adoucit les yeux de Tora, très carrés, en leur donnant une ligne épaisse et compacte de cils.

    Hélas, soit mauvaise humeur chronique, soit irritabilité constante, soit caractère de cochon, soit tout cela à la fois, ce manga m’a plongée dans l’exaspération. Pourquoi ?

    Parce que la mangaka interrompt l’histoire ! Alors, si elle me racontait d’amusantes anecdotes professionnelles ou personnelles, je ne me sentirais pas dérangée… mais là, c’est pour me dire « Salut ! Merci d’avoir acheté mon manga ! Si t’es nulle en histoire, c’est pas grave, je vais t’aider ! Alors tu vois, c’est Kenshin, en fait, il aurait été une FEMME ! Et c’est pas grave si t’y connais rien, j’ai trouvé un truc pour tout expliquer ! Il suffit de lire la même planche deux fois ! »

    Le manga devient un dialogue agacé :

    « Salut !

    -Salut !

    -Merci d’avoir acheté mon manga !

    -Bah de rien, depuis le temps que j’voulais le lire !

    -Alors, si t’es nulle en histoire…

    -C’est pas très poli de le faire remarquer… Et chuis pas si nulle, j’ai lu Le chef de Nobunaga !

    -… c’est pas grave, je vais t’aider…

    -M’aider à quoi ?

    -… à comprendre !

    -C’est si complexe que ça ?

    -Alors tu vois, c’est Kenshin, en fait, il aurait été une FEMME !

    -Mais JE L’SAIS, c’est mon argument d’achat !

    -Et c’est pas grave si t’y connais rien, j’ai trouvé un truc pour tout expliquer !

    -Arrêtez de dire que je n’y connais rien, sérieux, c’est vexant !

    -Il suffit de lire la même planche deux fois !

    -Que… QUOI ?! C’est quoi, cette ARNAQUE ?! »

    Pour « faciliter » la compréhension, Akiko Higashimura propose des planches en deux parties : l’une pour expliquer avec des mots bébêtes ce qui se passe, l’autre pour dérouler son histoire. « C’est pas grave si tu ne connais pas Takeda Shingen, ce qui compte, c’est de retenir son nom ! »

    Je me suis sentie prise pour une abrutie complète, virée de l’intrigue par les interventions de la mangaka. Je me demandais comment et si j’allais trouver Kenshin sympathique, parce que les gens-divinités qui ne pensent qu’à écraser les autres juste parce que c’est marrant (« Ouais, j’adore la guerre ! ») ne m’inspirent guère d’affection.

    C’est vraiment dommage, parce que le manga est intéressant, j’aime beaucoup l’humour dont il fait preuve. Le décalage entre ce que j’attendais (un manga historique, une histoire passionnante) et le résultat (un manga historique interrompu par des textes sans grand intérêt) est tel que je ne sais pas si je vais lire le tome 2…

    Pourtant, je sens que c’est un bon manga, je sens que c’est bô et intéressant, je vois le dessin splendide, à se rouler sur le tapis en agitant une patte arrière, mais rien à faire, je reste à l’extérieur du bazar.

    Il est hélas certain que j’ai lu ce manga trop tard, je l’ai attendu trop longtemps et un contexte compliqué me rend imperméable à la bonne humeur affichée dans les pages par la mangaka. Ca m’apprendra à ne pas bouger mes vastes fesses plus tôt quand je repère un titre intéressant !

    Lisez le Tigre des neiges ! Ca m’énerve, mais c’est bien.

    Cyril
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    Cyril le #528177

    Je te rejoins complètement. Ca donne l’impression d’être pris pour des idiots et en plus, ça s’adresse à des japonais : autant je peux comprendre que des lecteurs français ne connaissent pas Shingen Takeda, autant pour des Japnais qui choisissent de lire un manga sur cette période, c’est étrange. Il s’agit quand même de l’antagoniste principal du manga. Et cette double présentation parasite les explications historiques, sur lesquelles on ne peut se concentrer parce que le bas de la page est occupé par ces blablas infantilisants.

    Un autre point agaçant est que l’évolution de la “justification” du choix de Kenshin soit une femme : on passe de “Il y a des indices historiques qui laissent penser que Kenshin est une femme et il n’y a pas de raison qu’un homme d’état et un grand guerrier ne puisse être une femme” à “Kenshin a des goûts féminins (par exemple, l’intérêt pour certains ouvrages d’art) donc c’est une femme”. Une logique opposée à celle que l’auteur nous présentait au début.

    Sharbettt
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    Sharbettt le #528178

    @cyril Mes dieux, merci pour ton post! je m’attendais à être lapidée par une cohorte de fans outrés, mais je suis rassurée de n’être pas seule à me sentir infantilisée!

    Ca empire donc par la suite avec le triste cliché “s’intéresser à l’art = être une fâme”. Waouh. Consternant. Paradoxalement, tu m’encourages à le continuer pour le constater de mes yeux, je veux voir comment c’est fait, comment c’est amené. Mais je le ferai sans acheter la suite, je me débrouillerai pour le trouver en bibliothèque.

    Veggie11
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    Veggie11 le #528181

    Je ne pense pas qu’il y ait tant de lecteurs (et donc de fans) du ”Tigre des Neiges” ici, Yupa l’avait commencé à sa sortie mais je crois que c’est à peu près le seul. Je m’y étais également intéressée au début, mais comme j’avais déjà trop de titres en cours ou à finir, je l’ai mis de côté. Et finalement, d’Akiko Higashimura, j’ai préféré lire ”Trait pour Trait”, son manga autobiographique sur son apprentissage du dessin et le début de sa carrière comme mangaka.

    Sharbettt
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    Sharbettt le #528189

    @veggie11 Oui, Trait pour Trait avait l’air intéressant… hélas, je n’ai pas envie de me pencher plus que ça dessus, j’en connais pas mal de détails sans l’avoir lu, ce qui me décourage aujourd’hui de l’ouvrir: plus de joie de la surprise ni de la découverte. Je passe donc mon chemin. Ce n’est pas grave, je lirai autre chose. Quoi qu’il en soit, je te remercie pour la suggestion 🙂

    Lord-Yupa
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    Lord Yupa le #528190

    Je ne pense pas qu’il y ait tant de lecteurs (et donc de fans) du ”Tigre des Neiges” ici, Yupa l’avait commencé à sa sortie mais je crois que c’est à peu près le seul. Je m’y étais également intéressée au début, mais comme j’avais déjà trop de titres en cours ou à finir, je l’ai mis de côté. Et finalement, d’Akiko Higashimura, j’ai préféré lire ”Trait pour Trait”, son manga autobiographique sur son apprentissage du dessin et le début de sa carrière comme mangaka.

     

    En effet, je me suis intéressé au Tigre des Neiges, chère Veggie ! Toutefois tout comme toi je me passionne surtout à présent pour Trait pour Trait, son autobiographie, si émouvante et si drôle à la fois. Quant au “Tigre des Neiges”, j’ai décidé de m’arrêter au tome 4. Pourquoi ? Au fond la Tora de sa maturité, et le marivaudage des “ennemis amoureux”, cliché romantique s’il en est, ne m’intéressent plus guère. Je te comprends bien, chère Sharbett, et Cyril aussi, sur le côté parasitaire des cases explicatives en bas de pages, mais les allusions personnelles de Higashimura m’amusaient plutôt. Ses arguments les plus forts pour la féminité de Kenshin sont d’ailleurs surtout son isolement et ses douleurs tous les 28 à 30 jours, et le fait renversant que Kenshin avait accès aux appartements privés des épouses ou filles d’autres seigneurs : impensable pour un homme. Faudrait que je relise, mais la mangaka n’insiste pas tant que ça sur un goût pour les raffinements esthétiques. Comme elle le dit elle-même je crois, les Japonais lambda sont très familiers avec l’ère Edo (les feuilletons TV”chambara” se déroulent presque toujours à cette époque) mais connaissent bien moins le tout début du 16e siècle où Kenshin apparaît. Or elle montre bien la vie très rustique des “seigneurs de la guerre” du temps, dans leurs résidences fortifiées en bois et palissades (les yashiki) : les superbes châteaux et les samouraï esthètes (et obligés de s’en contenter par ordre du shôgun), c’est autour de 1600. Mais peu importe : j’ai apprécié la démonstration et son illustration du début, cependant la relation d’amour-haine entre Kenshin et Takeda Shingen me laisse froid. Pourtant je t’encourage Sharbett à suivre au moins jusqu’au tome 3 ou 4, il y a de sympathiques personnages secondaires, très bien campés et dessinés, et les yeux de Tora sont inoubliables, oui !

    Xanatos
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    Xanatos le #528395

    Pour rappel, c’est aujourd’hui qu’est sorti officiellement le tome 14 de Arte de Kei Ohkubo ! 😀

    Je l’ai par ailleurs reçu aujourd’hui par la poste ! 😉

    Je le lirai la semaine prochaine et j’en ferai comme toujours la critique. Je pense que ce sera prévu pour mardi, au plus tard mercredi. 😀

     

    Lord-Yupa
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    Lord Yupa le #528437

     ! Là j’attaque le tome 4 de L’Oxalys et l’or. Amelia et Conor auraient pu croiser Edgar Allan Poe en train de mourir éthylique à Baltimore quand ils y sont (en mars 1849, nous dit l’auteur). Le peintre Isaiah est intéressant, comme je l’ai dit, en revanche à cette date il ne peut posséder ce modèle très moderne de pistolet Colt, créé en 1873 ! (lire Lucky Luke, le Far-West du crime et de la justice, qui vient de paraître, excellente étude très détaillée et illustrée du contexte de notre cow-boy).

    Tome 4 lu, tout à fait passionnant. Avec leurs deux nouveaux amis Theodore Judah et son épouse Anna, Amelia et Conor sont hébergés de façon luxueuse à leurs yeux dans la riche plantation de M. Morales. Si celui-ci emploie des esclaves, il les traite fort bien de leur propre aveu. Eiichi Kitano le signale à propos d’Anna, arrivée à califourchon à cheval, les femmes à l’époque ne chevauchaient que de biais, sur des selles latérales “en amazone”. Ce qu’il ne précise pas, c’est que cela venait de la conviction parfaitement obscurantiste que les femmes à califourchon abîmaient gravement leur système génital reproducteur. C’est justement la vie des pionnières du Far-West qui vingt ans plus tard mit fin à cette bizarre coutume (d’ailleurs inconnue aux 17e et 18e siècles par les femmes qui se mirent largement à pratiquer la chasse à courre). Nous sommes dans le Kentucky, Etat à la frange des Etats du Nord qui ont aboli l’esclavage. Il se trouve donc que la pauvre Amelia va se trouver prise en otage par un esclave fugitif. De nombreux Blancs du Nord et parfois du Sud, scandalisés, avaient établi une filière secrète d’évasion pour les Noirs, le “Underground Railway”, mais jusqu’à la Guerre de Sécession le Sud avait réussi à faire accepter dans le Nord des lois d’exception sur le “respect de la propriété” qui imposaient parfois aux autorités du Nord de restituer les esclaves fugitifs. En fait leur vrai salut n’était qu’au Canada. Des chasseurs de primes, qu’on rencontre ici, capturaient ces fugitifs férocement châtiés ensuite. Les chasseurs n’avaient pas d’intérêt à tuer le Noir, mais pouvaient très bien abattre un Blanc abolitionniste qui l’aidait : chose illégale ! Cela ne pouvait que déboucher sur la fameuse Guerre (la France de Napoléon III s’allia avec les Sudistes !).

     

    Xanatos
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    Xanatos le #528526

    Arte tome 14

    Arte tome 14

    Scénario et dessins: Kei Ohkubo

    Attention spoilers

    Et voilà, notre pauvre Arte a du quitter sa ville suite à une accusation mensongère et son évasion… La jeune fille est évidemment éplorée, triste et déprimée de quitter si abruptement ses ami(e)s, ses proches et surtout Léo son maître ainsi que son grand amour…

    Même Leo est très affecté par la disparition de son apprentie et il n’arrive plus à retrouver l’inspiration et à peindre…

    Cependant, plus tard au cours du récit, Arte et Léo ont enfin l’occasion de se revoir !

    Notre héroïne en profite pour déclarer ouvertement sa flamme à l’élu de son coeur mais aussi lui témoigner sa reconnaissance d’avoir fait d’elle une grande artiste peintre…

    Et on sent Léo profondément touché et ému par les compliments de la jeune fille et lui affirme qu’elle deviendra une grande portraitiste.

    C’est en tout cas une scène très belle et émouvante évitant avec brio les écueils de la guimauve.

    Ohkubo par ailleurs fait refléter beaucoup d’émotion dans le regard de Léo.

    Par ailleurs, Arte retrouve heureusement par la suite sa joie de vivre et sa bonne humeur communicative 🙂 .

    Nous avons aussi l’occasion de revoir sa mère vers la fin du volume et cette femme s’avère en fin de compte beaucoup plus nuancée et complexe qu’elle n’en a l’air et n’est pas aussi bornée qu’il n’y parait loin s’en faut.

    J’ai aimé qu’elle prenne La Défense de sa fille quand le reste de la famille l’accablait de reproches au sujet de son évasion.

     

    La conclusion du volume est assez savoureuse car Ohkubo nous parle de l’adaptation animée de Arte (que je n’ai pas encore vu mais qui est dispo sur Wakanim !) et a même pu assister aux séances d’enregistrement des seiyuu qui interprétaient ses personnages ! L’admiration et le respect de la mangaka envers les studios d’animation et les comédien(ne)s était réellement palpable !

    Un très bon volume donc qui marque un tournant déterminant dans la vie de Arte ! 🙂

    Lord-Yupa
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    Lord Yupa le #528554

    Je vais pleinement dans le même sens, Xanatos ! Très bon volume !

    A première vue, on a là une rupture de rythme, car le chemin vers la Castille est à peine entamé, mais c’est au bénéfice de l’émotion, amoureuse et filiale, analysée de main de maître par Kei Ohkubo : choc de la séparation pour Arte, pour Leo également, aveu sans guimauve en effet comme tu le signales Xan’, puis chaleur et glace familiales… Très belles figures d’amitiés féminines autour d’Arte : dame Irène en protectrice attentionnée, Dacia bouleversée, Veronica qui fournit son aide toutes “affaires” cessantes, remarquable scène entre Azucena et Arte, qui comprend son secret… La totale confiance de sa mère envers Arte, sur un  seul mot, est aussi d’une grande beauté. Bon, j’ai toujours la même réserve d’historien pointilleux envers la mangaka : à cette époque, 1519, on peut acheter des charges et des postes de “ministres”, oui, mais pas un statut nobiliaire tel l’oncle d’Arte ; cela se fera, au grand mépris des vrais nobles, à partir du 18e siècle seulement, avec l’effondrement des fortunes aristocratiques fondées sur la terre. De plus, fille légitime d’un véritable noble, Arte ne l’est pas “en partie” mais pleinement, peu importe sa mère, et  “ton père est mort avec son titre” est une erreur totale : le titre reste pour elle du moment qu’Arte est vivante. Bref, on s’en fout un peu, c’est au total un très bon volume, beau même !

    Lord-Yupa
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    Lord Yupa le #528694

    Deuxième réserve historique, toujours parce que Kei Ohkubo malgré ses très méritoires recherches n’a pas vraiment tout le contexte du temps : quand la mère d’Arte lui annonce que si sa fille était vraiment une criminelle, elle la tuerait et se suiciderait ensuite, désolé, là on n’est pas dans l’Italie du XVeme siècle, on est au Japon dans un drame typique du kabuki. La religion gouvernait toutes les âmes de la Renaissance, et le suicide était un tabou absolu, un péché de première importance car il interdisait le salut selon l’Eglise. De plus on n’enterrait pas les suicidés dans les cimetières, et cela leur interdisait la résurrection le jour du Jugement Dernier d’après la plupart des religieux. D’ailleurs même aujourd’hui, certaines familles cathos cachent le suicide de leurs proches défunts pour conserver toute la “bénédiction” mortuaire et l’estime de leurs coreligionnaires. Mais encore une fois, ce qui compte c’est la grande force émotionnelle de la scène, l’éthique de très haut niveau de la mère d’Arte. Une Japonaise plus qu’une Italienne !

    Veggie11
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    Veggie11 le #528695

    Même si je viens à peine de commencer ce titre (je n’ai lu que les 2 premiers tomes et les tomes 3 et 4 sont en attente) et que, comme tu le précises, le titre reste empreint d’émotions fortes qui peuvent excuser certaines libertés, je m’interroge quand même sur la pertinence du travail de recherche d’Ohkubo. Il s’agit là d’anachronismes facilement évitables si l’on s’est renseigné sur la noblesse italienne du XVIe siècle et plus encore concernant le thème du suicide. Ça me gêne d’autant plus qu’au Japon, en dehors de certaines exceptions comme le suicide pour racheter son honneur, se donner la mort n’est pas aussi bien vu comme continuent de le prétendre les médias occidentaux, notamment d’un point de vue religieux. Et là on rejoint la morale chrétienne que devrait suivre la mère d’Arte si elle était respectée.

    En fait, en lisant tes avis sur Arte, je retrouve un peu ce que je reproche à certaines BD franco-belges apparues dans les années 80-90 et parlant du Japon traditionnel d’un point de vue exotique sans forcément saisir les mentalités de ce cadre géographique et temporel.

    Lord-Yupa
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    Lord Yupa le #528715

    Oui, chère Veggie, Kei Ohkubo fait parfois fausse route pour certains points, en particulier le statut nobiliaire en Occident, différent de celui du Japon. En fait jusqu’à Toyotomi Hideyoshi, pauvre paysan à l’origine, n’importe quel Japonais pouvait tout comme lui devenir samouraï, général, seigneur par les guerres, ou bien par la richesse. Notre mangaka semble croire qu’il en allait de même en Europe, ce qui est faux. Seul(e) un roi ou une reine régnante pouvait anoblir quelqu’un chez nous. En 1592, Hideyoshi fixa les conditions sociales, ce qui fut renforcé par Ieyasu Tokugawa et surtout son petit-fils Iemitsu, minutieux dictateur responsable du “Grand Enfermement” du Japon en 1639. On pouvait cependant devenir noble (“samouraï”) par mariage, y compris avec une femme noble si on ne l’était pas. L’écrivain Lafcadio Hearn le devint en épousant une Koïzumi qui lui donna son nom de clan noble selon la règle : Koïzumi Yakumo.

    Pour le suicide, si en France par exemple on n’intervient pas pour empêcher un suicidaire annoncé de passer à l’acte, ni ne prévient les autorités, on est passible du délit de “non-assistance à personne en danger”. Survivance évidente du tabou chrétien. J’ai lu qu’au Japon ceci n’existe pas, et que si les objurgations des amis et de la famille restent vaines, on “respecte” la décision. Reste à savoir si c’est bien vrai. Dans de nombreuses cultures, le suicide est vu comme une sorte de défection familiale. Mais il est très valorisé dans les pièces de théâtre kabuki, surtout entre “amants maudits” ou parents et enfants. C’est bien ce qui me fait dire que Kei Ohkubo dans le tome 14 de Arte semble sous cette influence.

    Mais surtout, Veggie, ne te laisse pas décourager, ce sont des détails, Arte est vraiment passionnant par sa richesse psychologique, son effet de machine à voyager dans le temps, les costumes, les architectures, le beau caractère de l’héroïne.

    Ah, les BD franco-belges sur le Japon !! L’incompréhension totale y régnait souvent il y a encore peu de temps ! Voir l’album du retour du Japon par Cabu, bourré de préjugés de petit contestataire, malgré toute la sympathie qu’on peut accorder à ce “bon garçon”, et son sort tragique… Et celui de Johann Sfar, que sa (belle) culture juive séfarade et son style de dessin place aux antipodes du nipponisme ! Mais bon, ça commence à être moins bloqué dans le rejet.

    Veggie11
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    Veggie11 le #528737

    Ah, les BD franco-belges sur le Japon !! L’incompréhension totale y régnait souvent il y a encore peu de temps ! Voir l’album du retour du Japon par Cabu, bourré de préjugés de petit contestataire, malgré toute la sympathie qu’on peut accorder à ce “bon garçon”, et son sort tragique… Et celui de Johann Sfar, que sa (belle) culture juive séfarade et son style de dessin place aux antipodes du nipponisme ! Mais bon, ça commence à être moins bloqué dans le rejet.

    Dans la veine d’Arte, je voulais plutôt parler des BD franco-belges prenant place dans le Japon médiéval, bien que signées par d’authentiques auteurs français ou belges. Je pense notamment au très connu Kogaratsu qui paraît tout de même depuis les années 80, à Ugaki (1972), Nahomi/Naomi (1980, dans le Journal de Tintin), la série Samurai, Okko… bref pas mal de BD bien franco-belges, qui se veulent réalistes, documentées et utilisant avec force un vocabulaire très japonais mais qui sonne plutôt exotique.

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