En fin de quarantaine, j’avais envie de revenir sur quelques anime découverts ces 2 derniers mois et qui m’ont franchement enthousiasmée. Je commence avec ”Poco’s Udon world”, une courte série de 12 épisodes d’après le manga de Nodoka Shinomura.
![Amazon.com: Poco's Udon World [Blu-ray]: Shiho KOKIDO, Seiki TAKUNO: Movies & TV](https://images-na.ssl-images-amazon.com/images/I/81wnqEpkMxL._SL1500_.jpg)
Poco est un petit tanuki (chien viverrin japonais) visiblement millénaire, capable comme dans les légendes de prendre forme humaine pour s’immiscer à l’intérieur des maisons. Son plat préféré ? Les nouilles udon à la farine de froment. Or, le fils du meilleur fabricant de nouilles udon de la région, Sôta Tawara, un jeune web-designer célibataire travaillant à Tôkyo, vient juste de revenir dans sa petite ville natale pour vendre la maison et le restaurant familial suite au décès de son père. Désintéressé depuis des années par les nouilles et sa ville de campagne, Sôta découvre la présence de Poco sous les traits d’un enfants de 2-3 ans. D’abord effrayé, Sôta s’attache peu à peu à Poco et le considère comme son propre fils. Mais comment mener une vie ”ordinaire” avec un petit être qui doit tout apprendre sans attirer l’attention de son entourage
En regardant ”Poco”, on pense très vite à une autre série ensoleillée : ”Barakamon”, dont le manga est disponible chez Ki-Oon (et que votre administratrice vous recommande CHAUDEMENT). Néanmoins, si Poco et Barakamon ont effectivement en commun un duo dynamique composé d’un jeune homme célibataire et d’un très jeune enfant vivant dans une petite ville campagnarde, la ressemblance s’arrête là. Contrairement à un Barakamon dynamique, mettant en avant la joie de vivre, la recherche d’un objectif professionnel et l’entrée dans l’âge adulte, Poco exploite davantage le début de l’âge adulte, notamment autour de la trentaine. Sôta est un jeune homme bien installé, avec un travail, un appartement, mais il reste désespérément célibataire. En rencontrant Poco, il se découvre une fibre paternelle et une volonté de créer une vraie famille, chose dont il se désintéressait auparavant. La série se veut plutôt sérieuse et même au fond assez adulte, en revenant sur des thématiques réalistes comme l’éducation des enfants, le divorce, le deuil familial, la réussite professionnelle ou le retour à ses origines. En revenant dans sa ville natale, Sôta se rend compte qu’il y a laissé un certain nombre d’anciennes connaissances qui ont chacun fait leur vie, alors que lui n’a pour le moment vécu que pour son travail, au point d’oublier ses souvenirs d’enfance. En découvrant la région de son enfance avec des yeux neufs, il finit ainsi par se remettre en question et imaginer un quotidien différent de celui qu’il menait jusqu’à maintenant à Tôkyo.
La série ne cherche pas non plus à favoriser la vie campagnarde à la vie citadine contrairement à ce qu’on pourrait croire, mais plutôt à encourager le spectateur à trouver son cocon, le lieu où il pourra le mieux s’épanouir. Si la série ne dure que 12 épisodes alors que le manga s’est terminé au 12e volume, l’anime propose une fin réussie ne laissant pas le spectateur sur la touche. Une initiative à saluer !
L’anime met beaucoup l’accent sur la région de Kagawa, là où se déroule l’histoire, au travers d’événements festifs, de lieux culturels (notamment dédiés aux tanukis) et de spécialités culinaires. Cette promotion est effectuée à la fin de chaque épisode par une version animée de Jun Kaname, un acteur très populaire ayant grandi dans la région.
Autre élément original, la présence d’une série animée pour tout-petits, ”Le ciel bleu de Gao Gao”, qui aura une certaine importance au cours de l’histoire et dont on peut voir un mini-épisode à la fin de ceux de ”Poco” ; ces épisodes ont pour particulier de faire allusion aux événements ayant eu lieu dans ceux de ”Poco”.
Techniquement parlant, ”Poco” est une série dans l’ensemble réussie, avec un certain soin au niveau des décors et du choix des couleurs (éclatantes, comme on pouvait s’y attendre pour une série aussi ”ensoleillée”). Le chara-design est plus conventionnel, à l’exception peut-être de Poco qui est vraiment très réussi avec sa frimousse croquignolesque.
Parfait en cas de journée pluvieuse et monotone, Poco peut séduire un large public. Si certains éléments de la culture japonaise sont effectivement présents, ils n’atténuent pas non plus la compréhension de l’histoire qui reste universelle.